Bienvenue sur le blog des étudiants de l'UE découverte des Rendez-Vous de l'Histoire de Blois. L'équipe éditoriale est composée d'étudiants d'histoire de l'Université François-Rabelais de Tours et d'étudiants de l'université de Bochum. Nous vous proposons de prolonger la quinzième édition du festival consacrée au thème "les paysans" au travers de reportages, d'entretiens, de vidéos, etc.
Das Feld der Geschichte
Das 15. Historikertreffen in Blois stellt eine Besonderheit französischer Geschichtskultur dar, die in Deutschland weitgehend unbekannt ist. Die Teilnahme amIntegrierten Studiengang Geschichte der Universitäten Bochum und Tours ermöglicht uns, eine doppelte Perspektive einzunehmen: Erstens kommentieren wir die Beiträge im Rahmen der UE découverte. Zweitens erhalten wir einen neuen Zugang zur französischen Historiographie, um diese mit der deutschen Geschichtswissenschaft zu vergleichen.
lundi 29 octobre 2012
Les campagnes ont-elles connu une renaissance ?
A ce débat intervenaientM. Pascal BRIOIST, professeur d’histoire moderne à l’université de
Tours, M. Samuel LETURQ, professeur d’histoire médiévale à l’université de
Tours, Mme. Marie-Claude MARANDET, professeur à l’université de Perpignan, et
Mme. Catherine VERNA, professeur à l’université Paris XIII. Etaient absentes
Mme. Marie-Thérèse LORCINet Mme. Hélène
VERIN.
Le thème fut abordé pour les XVe et XVIe siècles.
Dans un premier temps M. BRIOIST a
évoqué la question du repeuplement et de la reprise démographique sous Charles
VII. Ce phénomène varie selon les régions. Il y’a d’une part des zones précoces
(ex : le Lyonnais) et d’autre part des zone tardives (ex : la
Bretagne, la Champagne).Vers 1560, on rattrape le niveau de XIVème siècle avec
20 millions d’habitants. Les facteurs de la hausse sont d’abord, la hausse de
la fécondité féminine (liée à l’âge du mariage qui est plus précoce) au XVe
siècle et le non contrôle des naissances, puis le recul de la mortalité dû à un
meilleur climat etune meilleure
alimentation. Il s’agit d’une période de reconquête des terroirs avec la remise
en valeur des friches. Les paysages changent ainsi que les cultures (ex : la
Normandie céréalière s’oriente vers l’élevage et une mise en bocage des
territoires). Il y a un aménagement des territoires avec l’aménagement de
routes terrestres ou fluviales comme en Bretagne. Est également remarquée une
intensification des échanges lors de cette période.Au niveau de la technologie dans la
céréaliculture, on voit l’apparition de nouvelles plantes, l’introduction du
maïs venant de l’Amérique à la fin du XVIe siècle, l’essor de la vigne, des
plantes industrielles liées au textile (châtaigniers, oliviers). Par la suite M. BRIOIST aborde un
certain nombre de question et illustre ses propos à l’aide un PowerPoint :
Est-ce que cette renaissance s’est accompagnée de phénomènes
sociologiques ? Ou un capitaliste agraire ?
Les paysans assistent à un contrôle plus strict venant des propriétaires et des
seigneurs. Il y’a une montée de la spéculation car l’agriculture peut se
tourner vers les marchés. Les crises ne sont pas totalement résorbées et il y’a
une tendance longue à l’inflation des prix.
Une renaissance culturelle dans les campagnes ?
Au XVIe siècle, on assiste à une intrusion massive de l’écrit dans les
campagnes à l’aide des colporteurs.Il
y’a également une circulation de la culture populaire (ex : danse), des
techniques (ex : moulin à vent). Certains savoirs et techniques viennent
même des campagnes.
Ensuite Mme. MARANDET a présenté une étude de cas à propos
du Lauragais dans le sud-est de la France. C’est une région jugée riche au XIVe
siècle grâce à la production de céréales et de pastel. Elle se pose de
nombreuses questions sur le cas comme l’existence d’une crise permanente, ou
encore si la région est ruinée à la fin du XIVe siècle. Pour son étude elle
utilise notamment une source particulière : le Livre d’Estime qui est
propre aux régions méditerranéennes et récence les biens roturiers.Le Lauragais connaît deux périodes de
reconstruction, entre 1380 et 1410 puis entre 1420 et 1460. La superficie des
friches décroît et celle des prés ou encore des vignes augmente. La région doit
son développement à la culture de la pastel, la draperie ou encore à l’élevage
du mouton.
Après cela, la parole a été donnée à M. LETURQ. Ce
professeur d’histoire médiévale évoque une gêne pour le médiéviste à répondre à
la question. Il existe une idée reçue à propos de déclin, de presque
«mort » à la fin du Moyen-âge, grâce à quoi il y’eut une renaissance. En
réalité il ne s’agit pas de déclin mais d’une crise à laquelle il a fallu
s’adapter. Il existe plusieurs éléments de rupture. D’abord, une crise
démographique en 1348 due à la grande peste, qui ancre une conjecture
difficile. De plus les terres sont désertées avec un abandon d’espace d’environ
20%. Moins d’espace est cultivé et les friches sont émiettées sur l’ensemble du
territoire. Cependant durant la seconde moitié du XVe siècle il y’a une
reprise, avec une recolonisation des espaces. Le paysage n’est pas grandement
bouleversé, on assiste à une continuité. Aux XVe et XVIe siècle ce changement
est tout de même important pour certaines régions à cause de la spéculation sur
les élevages à la fin du Moyen-âge. La population assiste à une modification de
l’alimentation, particulièrement au niveau de la viande. En effet, au XIVe
siècle, celle-ci consomme environ 45% de porc, 27.5% de bœuf et 27.5 de
caprinés. Au XVe siècle, 18% de porc, 40% de bœuf et 42% de caprinés. Enfin au
XVIe siècle la tendance se renverse clairement avec la consommation de 12% de
porc, 38% de bœuf et 50% de caprinés. Il aborde enfin la viticulture qui
connaît une crise malgré que se développent de nouveaux vignobles. L’avantage
de la vigne est qu’elle peut être cultivée partout.
Finalement nous avons assisté à l’intervention de Mme.
VERNA, qui nous a parlé des techniques. Entre 1450 et 1550 il y’a un
développement scientifique et des techniques. Le paysan est dans la pluriactivité.
Au lieu de parler de renaissance elle parle plutôt de reconfiguration,
recomposition faisant suite à une rupture conjoncturelle. Au XVe siècle il y’a
beaucoup plus de sources en ce qui concerne l’industrie. Celle-ci, tout comme
l’artisanat se développe dans les campagnes. La diffusion de l’industrie se
base sur deux modèles : l’industrie dominée par la ville et l’industrie
rurale dès le XVe. A leur tête on trouve des médecins, notaires. Les paysans
combinent donc plusieurs activités à différentes échelles c’est-à-dire qu’ils
ne sont pas agriculteurs avec un peu d’une autre activité.
A la suite de ce débat nous
avons pu poser quelques questions à M. BRIOIST. Voici l’entretien :
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