Das Feld der Geschichte

Das 15. Historikertreffen in Blois stellt eine Besonderheit französischer Geschichtskultur dar, die in Deutschland weitgehend unbekannt ist. Die Teilnahme am Integrierten Studiengang Geschichte der Universitäten Bochum und Tours ermöglicht uns, eine doppelte Perspektive einzunehmen: Erstens kommentieren wir die Beiträge im Rahmen der UE découverte. Zweitens erhalten wir einen neuen Zugang zur französischen Historiographie, um diese mit der deutschen Geschichtswissenschaft zu vergleichen.

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dimanche 23 décembre 2012

Comment l'idéologie vient aux programmes d'Histoire

Ce débat était animé par Michel Lefebvre, journaliste au Monde, et a eu lieu en présence d'Antoine Prost, professeur émérite Paris I Panthéon-Sorbonne (en remplacement de Vincent Peillon, minstre de l'Éducation Nationale), Nicolas Offenstadt, professeur d'histoire à Paris I Panthéon-Sorbonne, et Emmanuel Laurentin, producteur et animateur de La Fabrique de l'Histoire sur France Culture. Il revenait sur les nombreuses polémiques qu ont lieu ces 30 dernières années sur les programmes scolaires d'histoire.

Antoine Prost affirme qu'il n'est pas évident d'enseigner l'Histoire. En effet, le temps pédagogique est trop court pour la masse de connaissances en présence. Il faut également avoir de bonnes raisons pour l'enseigner. La société et les citoyens doivent être former par l'histoire. La place de l'histoire contemporaine est donc importante. Pas nécessairement pour Nicolas Offenstadt car il existe des sociétés humaines sans histoire. Un autre problème se pose alors : l'histoire, pour former quel citoyen ? Cette question soulève le fait que la réponse ne peut être qu'idéologique. Il faut accepter ce constat. Au XIXe siècle, la science servait la nation donc la science est idéologique. Pour Nicolas Offenstadt, ce n'est pas grave car nous sommes nés dans cette ambiguité. Emmanuel Laurentin se demande alors pourquoi la question de l’idéologie est une idée récurrente qui revient dans le débat public et qu'il serait important d'y réfléchir.

L'historien Marc Bloch trouvait que les programmes scolaires étaient trop institutionnels et que l'ouverture sur le monde avec l'apprentissage d'autres civilisations était nécessaire. Cela souleva évidemment de nombreuses critiques. Antoine Prost y voit deux problèmes. Le premier concerne les choix idéologiques. Que doit connaître un citoyen ? Le deuxième problème est d'orde pédagogique. En effet, dans ce domaine les compétences sont difficiles à évaluer quand le savoir demandé n'est pas clairement défini et quand les professeurs ne maitrises pas un sujet. C'est pour cela que Nicolas Offenstadt pense que le programme d'histoire doit être construit par des professionnels. Le programme présente des enjeux historiographiques et doit répondre à des questions sociales. On se sert des programmes d'histoire comme d'une formation identitaire, or l'Histoire n'est pas l'Identité.

Aujourd'hui il y a une incompréhension du public sur l'évolution de l'histoire. De nombreuses personnes déplorent que l'Histoire enseignée ne laisse plus de place à une histoire figée dans le temps qui permettrait aux élèves de se repérer. Pour Emmanuel Laurentin, l'Histoire fixe n'est pas mauvaise. Nicolas Offenstadt rétorque alors qu'il faut résister à cela : les repères historiques ne sont pas fixes. Des critiques récurrentes clament que l'enseignement actuel baisserai le niveau des élèves, et que cela est notamment due à l'abandon de l'apprentissage de la chronologie. Antoine Prost rappelle que les savoirs historiques sont toujours troués et donc qu'il est difficile d'enseigner seulement une chronologie. Pour lui, il ne faut pas bouger les programmes tout le temps, qu'il faut laisser le temps à la routine de s'installer pour les réviser ensuite. Emmanuel Laurentin propose de faire une enquête sur la façon d'enseigner. Au lieu de seulement critiquer les programmes, on aurait une meilleure vision de ce que l'on enseigne réellement. Le niveau ne baisse pas forcément, il ne fait que se déplacer. La démocratisation des savoirs et le développement de nouveaux domaines pose une question : que enseigner ?

On critique les manuels scolaires car l'histoire de France est diluée dans l'histoire mondialiste. Pour Antoine Prost, cela est dû à la réputation de gauche qu'à l'Éducation Nationale. On critique les programmes car il sont trop raffinés et trop divers. Mais à quoi sert alors une histoire simpliste ? Nicolas Offenstadt pense que l'histoire est retournée à son but identitaire archaïque, où l'histoire doit être rassurante et nostalgique. Quant à Emmanuel Laurentin, il déplore que l'histoire ne se raconte plus, qu'il faut peut être un retour du merveilleux. « Faux » répond Nicolas Offenstadt, les professeurs racontent les récits. Antoine Prost conclue finalement que les universitaires sont des hommes passionnés et positionnés idéologiquement. Plutôt que de débattre de la place (inévitable) de l'idéologie dans les programmes d'histoire, il faut se demander que enseigner et comment le faire.

lundi 5 novembre 2012

Downtown

Pour les Rendez-Vous de l'Histoire, Radio France a délocalisé certaines de ses émissions pour des enregistrements en public. Downtown faisait donc parti de ce voyage en région. L'émission est animée par Philippe Collin et Xavier Maudit sur France Inter, du lundi au vendredi de 18h20 à 19h. 

Pour cette spéciale Rendez-Vous de l'Histoire, Collin et Mauduit recevaient 3 ministres : Jack Lang, initiateur des Rendez-Vous de l'Histoire de Blois et éternel ministre de la Culture ; Jean-Noël Jeanneney, président du Conseil Scientifique des Rendez-Vous et ancien secrétaire d'État ; Passi, rappeur et ancien membre du Ministère A.M.E.R.

La quotidienne pop et décalée du duo de France Inter a commencé par une chronique présentant la ville de Blois, une "carte postale" auditive composée d'archives sonores de l'INA. Une seconde chronique sur une brève histoire de la baguette magique est venue ponctuer l'émission.

Avec leur premier invité, Jack Lang, Collin et Mauduit ont évoqué son action culturelle à Blois, la création des Rendez-Vous de l'Histoire et l'actualité sur son nouveau livre consacré à Michel-Ange1. Avec Jean-Noël Jeanneney, le débat a porté sur la place de l'histoire dans la politique et de son appropriation par les politiques ainsi que les liens entre l'histoire et l'actualité (en échos à son nouvel ouvrage Au regard de l'histoire2). Enfin, Passi a interprété deux chansons de son nouvel album, Ère Africa. En marge du sommet de la francophonie de Kinshasa, la dernière conversation de l'émission était sur les rapports entre France et Afrique.

Malgré quelques problèmes techniques plongeant les animateurs dans un profond stress, l'émission s'est déroulée devant une salle comble et un public survolté. Hors antenne, Passi a offert en exclusivité pour les spectateurs un dernier titre, une réinterprétation de son tube "Face à la mer" (mais sans Calogero).


Après avoir été submergé par les autographes et les photos des fans, Philippe Collin et Xavier Mauduit m'ont accordé un court entretien.


Vous avez tous les deux suivis des études d'Histoire (Philippe Collin ayant obtenu une maitrise d'histoire et Xavier Mauduit venant de soutenir sa thèse de doctorat en mars 20123). Et lors de votre émission, un débat a eu lieu sur le rôle de l'histoire avec Jean-Noël Jeanneney. Pour vous, quelle place doit avoir l'histoire aujourd'hui ?

Philippe Collin : Le professeur va répondre !

Xavier Mauduit : Elle est double. Premièrement, elle est essentielle pour notre regard sur l'actu. On matte le flux d'informations, on adore ça, et à un moment tu te poses et tu regardes avec le recul. Tu as ton info qui tombe et puis tu regardes avant ce qu'il s'était passé. La démarche historique est ici appliquée pour comprendre le présent. C'est le côté important de l'histoire : elle est là, toujours présente. Deuxièmement, je vous rapporte aux travaux du Comité de Vigilance face aux Usages Publics de l'Histoire4, qui eux surveillent comment on utilise l'histoire et ce n'est pas si simple que ça. L'usage de l'histoire est très compliqué, on peut en faire se que l'on veut. L'histoire ne se manipule pas n'importe comment, il y a une méthode et une vraie réflexion.

Justement, on en revient à la controverse qu'avait provoqué la une du Figaro Magazine d'août 20125 dont les historiens dénonçaient le parti pris idéologique ou le marquage trop politique.

X.M. : En même temps, c'est le Figaro. Il y avait des historiens très intéressants dans ce numéro mais un peu orientés. Pour moi, plus on parle d'histoire, mieux c'est. Mais on ne peut pas vendre l'histoire comme une chose figée. Par exemple, la polémique du musée de l'Histoire de France c'était ça. L'Histoire de France serait un truc figé dans le temps. Mais non, c'est plus compliqué. L'histoire évolue, tout est en débat, il y a des questionnements et cela dépend où l'on se place. L'histoire ce n'est pas le papier glacé à la Stéphane Bern. Son émission, Secrets d'Histoire (France 2), est intéressante mais ce n'est pas que ça l'histoire.

P.C. : Si on met de côté la démarche scientifique, ce que j'aime dans l'histoire c'est que ça raconte aussi des histoires. Cela te permet de te créer un imaginaire, mais sans pour autant raconter n'importe quoi. J'ai fait de l'histoire pour pouvoir m'échapper du quotidien et du réel. L'histoire a cette dimension de machine à rêves. L'histoire, c'est du plaisir.

X.M. : On fait de l'histoire parce qu'on adore ça. Ce que j'aime bien aussi c'est que ça permet de comprendre. On est quand même dans un monde aujourd'hui où il n'y a rien de récent, on est que dans du vieux, comme à Paris où c'est tout du XIXe siècle. Parfois ça m'étonne de voir des gens qui passent toujours devant la même statue et qui ne savent pas de qui il s'agit. Je pense que quand on a ses petites armes culturelles, on est plus à l'aise. Même si ça ne sert pas à grand chose, se dire qu'ici il s'est passé ça permet de mieux comprendre son monde. C'est pour ça que l'histoire est liée à la géographie. Ce sont deux disciples pour comprendre le monde qui se marient très bien.

Vous avez réussi, grâce à vos émissions (Panique au Mangin Palace, Panique au ministère Psychique ou La Cellule de dégrisement sur France Inter depuis 2005), à insuffler un nouvel esprit pop à la radio. Le thème de cette édition 2012 des Rendez-Vous de l'Histoire, les Paysans, c'est pop ?

X.M. : Ils ne sont pas pop en soit mais ils peuvent être pop. Il y en a. Par exemple, les jeunes paysans d'aujourd'hui sont les nouveaux aventuriers. C'est de la folie de se dire « je veux reprendre une ferme » !

P.C. : Il y a un côté romantique.

X.M. : Je trouve merveilleux ce courage. Il n'y a que 3% de la population en France qui travaille dans le milieu agricole. Mais quelle est cette répartition dans le territoire ? C'est quasiment tout le territoire. Tout est paysan.

P.C. : Pop veut dire populaire.

X.M. : Donc tout est pop. Si tu veux confisquer un savoir, tu enlèves le côté pop de la chose, tu fais peur aux gens. « C'est trop sérieux, c'est pas pour moi ! ». Pendant longtemps, les classes populaires n'avaient pas accès à l'université et aux savoirs un peu plus "sérieux". Les grands discours sérieux dans de grands amphis écartent plein de gens. Et notre discours est de faire passer parfois des idées très complexes en les rendant pop. La libération de la forme est importante pour faire passer le message politique du fond. C'est très Bourdieu comme raisonnement mais ça fonctionne. Tout est accessible, il ne faut pas que les gens aient peur. Un livre d'histoire, même un peu compliqué, te donneras autant de plaisir qu'une mauvaise vulgarisation. Rendons les choses simples.

Propos recueillis par Adrien Robin.

1 LANG, Jack, LEMOINE, Colin, Michel-Ange, Paris, Fayard, 2012

2 JEANNENEY, Jean-Noël (dir.), Au regard de l'Histoire. L'actualité vue par les historiens. Du printemps arabe à l'élection présidentielle, Paris, Autrement, 2012

3 MAUDUIT, Xavier, Le ministère du faste : la Maison du président de la République et la Maison de l’empereur (1848-1870), Thèse de doctorat en Histoire, Université Panthéon-Sorbonne Paris 1, 2012 

4 Site du Comité de Vigilance face aux Usages Publics de l'Histoire (CVUH) : http://cvuh.blogspot.fr

5 « Qui veut casser l'histoire de France ? », Le Figaro Magazine, n° 21169/21170

mercredi 24 octobre 2012

Blois en photos.



Hémicyle de la Halles aux grains, Blois.



Hall de l'université, Blois.


Jardin du château de Blois.

Campus de la CCI, Blois.  


Vue du jardin du château de Blois.


Château de Blois.


 Vue d'une meurtrière du château de Blois.


Marches derrière le château de Blois.




Marine ANIS, Cyril BORBEAU

dimanche 21 octobre 2012

Comment enseigner l'histoire des groupes sociaux ?


Le débat était animé par M. Alain BERGOUNIOUX, Inspecteur général de l'Education nationale , les intervenants furent M. Christophe CHARLE, professeur à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Mme. Christine LECUREUX, inspectrice pédagogique régionale de l'Académie d'Orléans-Tours, et enfin Mme Nadine VIVIER, professeure à l'université du Maine.
Monsieur BERGOUNIOUX fit une brève introduction du débat en expliquant tout d'abord que cette intervention fut proposée par l'inspection académique pour expliquer l'état des recherches en histoire sociale, la façon de s'en soucier et son historiographie.
Notre animateur expliqua que l'histoire sociale était en perpétuelle évolution  Pour argumenter ses propos il raconta que dans les années 1970, lorsqu'il était étudiant, l'histoire sociale était quelque chose de somme toute assez "simple" pour reprendre ses dires. En effet à cette époque l'histoire sociale était dans l'horizon des thèses d'Ernest Labrousse, c'est-à-dire que l'histoire politique s’emboîtait dans l'histoire économique, et idem pour l'histoire sociale. Tout tournait donc autour de cette fameuse histoire économique. C'était une histoire sociale très globale, il n'y avait que des collectifs, par exemple : les bourgeois, les ouvriers, les paysans. Or maintenant on ne considère plus le fait qu'il n'y ait que des collectifs. En effet, on ajoute souvent à un groupe social, et non plus une classe sociale, c'est la nuance qui est apportée dans l'histoire sociale d'aujourd'hui, un autre terme comme par exemple "les femmes durant la Révolution". Désormais on fragmente l'histoire sociale, elle n'est plus globale et les thèses marxistes de lutte des classes s'estompent de l'historiographie, cette lutte n'explique plus tout.
S'en suit la question centrale posée par ce débat : "Pourquoi l'histoire sociale est fragmentée ?"
Après une brève présentation des intervenants, M. BERGOUNIOUX termine son introduction en évoquant l'ouvrage Douze leçons pour l'histoire d'Antoine PROST, en disant que l'histoire sociale n'a pas été remplacée et que c'est un manque qu'il faut combler.
Mme. Lécureux est la première à prendre la parole en expliquant qu'il y a actuellement des éléments absent concernant l'histoire sociale dans l'enseignement scolaire de l'histoire. Elle définit par la suite ce qu'est un groupe social de cette manière "un groupe humain qui nourrit une croyance d'origine dans un groupe spécifique". Et explique de manière plutôt brève cette définitions pourtant assez claire. En tant qu'inspectrice académique d'expérience, elle donne son avis sur la façon dont l'histoire sociale peut être enseignée dans les collèges et lycées. En effet elle appuie cela en soutenant que la longue durée peut modifier la perception des élèves comme des enseignants et des chercheurs et que c'est en cela que l'histoire sociale peut s'avérer complexe. Elle donne l'exemple d'un point du programme de 5e car lorsque l’expansion économique de l'occident est expliquée, on l'explique grâce au pouvoir économiques des villes et plus particulièrement de ses acteurs; banquiers et marchands, considérés comme bourgeois dans les anciens programmes qui classait les classes, vision donc marxiste. Désormais le terme de 'bourgeois" ne fait plus parti du programme ni des fiches que les rectorats envoient aux professeurs avec ce changement on passe d'une histoire de classe sociale à une histoire de groupe social. En effet, ces fiches proposent d'avantage aux enseignants de partir d'un récit. L'exemple donné pour étayer cela est celui du berruyer Jacques Coeur, ce personnage est souvent utilisé car il permet de faire comprendre le comportement d'un groupe social selon Mme Lécureux.
Par la suite elle évoque Michelet pour qui il y a un lien fort entre l'histoire politique et l'histoire sociale. Les historiens du XIXe siècle ont fait entrer l'histoire sociale dans l'Histoire, l'analyse est d'avantage dans la durée.
De plus dans les nouveaux programmes il y a d'avantage de place pour les acteurs ce qui semble difficile pour les professeur et donne sujet à polémique car les "romans-nations" ont donné le goûts des grands hommes comme Clovis, Charlemagne ou encore Napoléon Ier, mais ceci semblait masquer un manque de réflexion.
Il y a beaucoup d'études de groupes sociaux dans les programmes de collège et lycée, par exemple en 4e le Thème 1 propose une étude sur les ouvriers et les ouvrières à la belle époque ou un entrepreneur et son entreprise. Concernant le deuxième choix les professeurs peuvent évoquer Gustave Eiffel mais aussi Armand Moisant qui a contribué à la conception de nombreux monuments parisien.
En 1ere STMG, Sciences et Technologies du Management et de la Gestion,  il y a une partie du programme consacrée à l'immigration, les questions sur les politiques en rapport avec ce sujet et les opinions des groupes sociaux.
Il y'a aussi maintenant d'avantage la question des femmes dans l'histoire avec Irène de Bilgem, grande figure féminine qui a prouvé que les femmes d'exception ont toujours existé, ou encore la question de la lutte du droite de vote. Lorsque l'histoire sociale se souciait d'avantage de la notion de "classes", la position des femmes était difficile à placer, alors que l'on peut plus facilement avec la notion de "groupe social".
Mme Lécureux clos la partie historique de son exposé en expliquant que l'introduction des acteurs permet d'introduire de la nuance.
En tant qu'inspectrice d'Académie elle termine son intervention en évoquant la matière sœur de l'histoire dans le secondaire : la géographie. En effet l'idée d'histoire sociale s'étend à la géographie, il y a aussi de nombreux acteurs.
Et enfin, pour conclure sa prise de parole, Mme Lécureux indique que pour elle l'histoire sociales et la géographie sociale sont éminemment politiques.
Vient ensuite le tour de Christophe CHARLES qui commence par remercier tout d'abord l'organisation de l'avoir convié, et l'inspection pour lui avoir proposé de participer à ce débat.
Il commence par dire qu'aujourd'hui, avec son expérience de professeur dans l'enseignement supérieur, les étudiants ont beaucoup de lacunes. Peut-être a-t-il dit ça pour lancer une pique au secondaire qui ne forme pas assez les élèves, ou alors peut-être est-ce une attaque envers les étudiants eux mêmes.
Il explique par la suite sa joie de participer à ce débat avec des enseignants du secondaire car pour lui il faut de la pédagogie dans le secondaire comme dans le supérieur. Il entre donc après cela dans le vif du sujet en posant deux questions qui seront son fil conducteur durant ses quinze minutes de parole. Il se pose tout d'abord la question de savoir pourquoi les historiens en sont venus à une "diffraction de l'histoire sociale", pour reprendre ses termes. Déjà dans sa voix et dans les termes employés on peut sentir qu'il n'aime pas tellement cette histoire sociale qui va plus en profondeur dans ses études. La deuxième question, est comme il le dit une "lueur d'espoir" car il se demande comment revenir à une histoire globale plus synthétique.
Il commence par citer Labrousse pour parler de la "macro-histoire", de sa vision globale des choses, mais réfute tout de suite cette thèse car les élèves de Labrousse ont démontré qu'elle ne marchait plus car il ne faut pas tout globaliser. Comme tout historien, il argumente ceci par un exemple et il prend celui de la Révolution française. En effet on a pu voir en s’intéressant de plus près aux régions qu'il y avait une France éclatée, que les sentiments n'étaient pas les mêmes en Bretagne et dans le Midi. A partir de cela, le "roman national" semble difficile à transmettre car on ne peut plus globaliser.
Ensuite son exposé se pose sur les historiens qui, au fil du temps, se sont intéressés à d'autres disciplines comme la sociologie et l'anthropologie. A partir de cela il y avait un questionnement plus riche mais qui imposait de restreindre le champ d'analyse et de s’intéresser au groupe social plus en profondeur, c'est un travail plus compliqué mais qui apporte des réponses plus satisfaisantes. Mais cependant comment reconstituer un schéma d'ensemble ? Y'a-t-il une dynamique collective ? Est-ce une nation éclatée avec la nationalité comme seul lien ? Et enfin, les héritages culturels sont-ils important ?
La question de l'habitus dépasse le cadre de l'histoire sociale qui ne s'attache qu'aux groupes primaires.
L'expression du "printemps des peuple" est intéressante tout d'abord car c'est une expression de l'époque, il y'a des sources iconographiques montrant tous les peuples se battant pour la même chose, on pouvait voir à ce moment les prémices de l'Europe avec des nations ayant des idées communes.
On pourrait en faire une micro-histoire ou alors, comme monsieur Charle l'aimerait, une histoire plus large et plus nationale. Par rapport à cet évènement il y a eu un flot de littérature, on peut notamment citer Flaubert et son Éducation sentimentale, avec cet œuvre Flaubert effectue en quelque sorte un travail d'historien puisqu'il n'a pas vécu le printemps des peuples, il a recueilli des témoignages vingt ans après.
Concernant les autres œuvres iconographiques on peut aussi voir une multiplication des caricatures grâce à la liberté d'expression. Il y a également l'Atelier du peintre de Courbet qui était très engagé, voulait prendre parti, et a profité de cet élan de liberté. Il a eu l'idée de ce tableau pour résumer sa vie et sa vision de la société, on peut voir une analysé sociologique subjective révélatrice d'un moment historique.
L'histoire universelle, qui est sa conclusion, surmonte l'éparpillement et essaye de poser de nouvelles synthèses, selon lui, pour faire évoluer et transmettre son travail.
Vint ensuite le tour du dernier intervenant, Mme Nadine VIVIER qui, à l'instar de son prédécesseur, remercie l'inspection de l'avoir invitée.
Contrairement aux autres intervenants, Nadine VIVIER part d'un exemple précis, qui colle totalement au thème, celui des paysans. Elle évoque tout d'abord l'idéologie et l'historiographie marxiste qui stigmatisaient les populations paysannes en les qualifiant d'archaïques et d'illettrés. Par exemple, Max Weber a brossé le portrait d'un France rurale arriérée, vivant dans des huttes.  Max Weber utilisait des sources sélectionnées, et avait des propose suggestifs. Au départ son œuvre était saluée par les historiens, puis au fil du temps les critiques ont pris le dessus.
On considérait donc les paysans comme une entité sans nuance.
Sa prise de parole s'articule autour de trois points.
Le tout premier est que le monde rural a une grande diversité, et cela est une idée plutôt neuve. Maintenant l'étude du monde rural s'approche par le capital, la dépendance, pour différencier les paysans. On peut aussi noter une diversité selon les régions, dans le Nord et en Ile de France on retrouve surtout de grands propriétaires terriens contrairement au Midi où il y a surtout de multiples petites propriétés.
La deuxième partie de son discours concerne l'expression de la "routine paysanne" dans laquelle il n'y avait que les biens communaux et les biens à usage collectif. Pour freiner l'exode rural que pouvait entrainer cette routine l’État tentait d'enrayer cela.
Il y avait aussi le cliché du paysans illettrés qui refusait l'instruction, tout ceci est faux car au XIXe siècle les paysans ont très vite compris qu'ils avaient besoin de l'instruction car le monde évoluait. Par rapport à cela il y avait deux écoles chez les industriels en recherche de main d’œuvre. Tout d'abord les libéraux, des notables bien souvent, qui poussaient les paysans à s'instruire, à se scolariser, pour avoir grâce à cela une main d’œuvre formée et plus productive. En parallèle il y avait les conservateurs qui voyaient en la scolarisation des campagnes un manque à gagner car les salaires seraient plus élevés et il y a le risque du départ vers la ville pour apprendre de nouvelles choses qu'on ne peut pas connaitre dans le monde rural.
Mais l'enseignement agricole n'a pas eu un franc succès car il n'était pas adapté, il avait pour dessein de former de bons valets de ferme, or il n'y avait quasiment pas besoin de ces personnes.
De plus on peut mettre en exergue les comices qui ont stimulé les cultivateurs et ont fait progresser les connaissances.
Le troisième et dernier point concerne la descente de la politique vers les masses.
Dans La république au village, Maurice Agulhon montre que le modèle urbain des villes s'est substitué au collectivisme des campagnes, les élites urbaines faisaient évoluer les paysans, il y avait des interactions entre la ville et la campagne.
L'exemple du coup d’État de 1851 est donné. Des réactions réelles ont eu lieu vers les campagnes, pour se défendre les paysans disaient que les républicains des villes leurs avaient dit de faire cela. Les paysans ont raconté cela tout simplement pour rentrer chez eux. De plus les préfets ne se souciaient que très peu des groupuscules républicains en campagne.
Pour conclure son discours, Nadine Viver insiste sur le fait que nous avons beaucoup insisté sur la critique des sources dans les rapports de préfet. Aujourd'hui il y a un travail important sur la représentation de la paysannerie, c'est la relecture des archives qui apporte une nouvelle vision.


Maxime CHOISY

vendredi 19 octobre 2012

Ouverture des Rendez-Vous d'Histoire de Blois



Francis Chevrier, créateur et directeur des Rendez vous d'histoire




                                         
Marc Gricourt, maire de Blois
François Bonneau, président de la région Centre
Maurice Leroy, député et président du conseil général de Loir -et -Cher

Jean - Noël Jeanneney, président du comité scientifique






 
Interview de Denys Robiliard, député de la première circonscription du Loir-et-Cher
Modification: Denys Robiliard n'assiste pas à ses premiers Rendez-Vous de l'Histoire en tant qu'élu mais en tant que député.



CHOISY Maxime, ZOCLY Kevin, ZRINJOU Lamyae