Das Feld der Geschichte

Das 15. Historikertreffen in Blois stellt eine Besonderheit französischer Geschichtskultur dar, die in Deutschland weitgehend unbekannt ist. Die Teilnahme am Integrierten Studiengang Geschichte der Universitäten Bochum und Tours ermöglicht uns, eine doppelte Perspektive einzunehmen: Erstens kommentieren wir die Beiträge im Rahmen der UE découverte. Zweitens erhalten wir einen neuen Zugang zur französischen Historiographie, um diese mit der deutschen Geschichtswissenschaft zu vergleichen.

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mardi 6 novembre 2012

Paysans? 1870-1970: Le Grand Chambardement.

Cette exposition nous est présentée à Expo 41 et est coproduite par le Conservatoire de l'Agriculture, le musée du Compa, les archives départementales et la bibliothèque départementale d'Eure-Et-Loir, en partenariat avec les éditions Les Arènes et avec le soutien de l'Association des Amis du Compa.

A travers cette exposition, nous pouvons observer les évolutions qu'a connu le monde paysan durant un siècle.



Ces images nous rappellent les paysans du XIXème siècle avec leurs outils manuels.















Nous pouvons par la suite voir que le monde paysan se politise et s'équipe de machines.

























Nous pouvons également voir que les paysans ont traversé les guerres à travers ces affiches.



Pour finir, une représentation d'une ferme réalisée avec des jouets.



lundi 5 novembre 2012

Downtown

Pour les Rendez-Vous de l'Histoire, Radio France a délocalisé certaines de ses émissions pour des enregistrements en public. Downtown faisait donc parti de ce voyage en région. L'émission est animée par Philippe Collin et Xavier Maudit sur France Inter, du lundi au vendredi de 18h20 à 19h. 

Pour cette spéciale Rendez-Vous de l'Histoire, Collin et Mauduit recevaient 3 ministres : Jack Lang, initiateur des Rendez-Vous de l'Histoire de Blois et éternel ministre de la Culture ; Jean-Noël Jeanneney, président du Conseil Scientifique des Rendez-Vous et ancien secrétaire d'État ; Passi, rappeur et ancien membre du Ministère A.M.E.R.

La quotidienne pop et décalée du duo de France Inter a commencé par une chronique présentant la ville de Blois, une "carte postale" auditive composée d'archives sonores de l'INA. Une seconde chronique sur une brève histoire de la baguette magique est venue ponctuer l'émission.

Avec leur premier invité, Jack Lang, Collin et Mauduit ont évoqué son action culturelle à Blois, la création des Rendez-Vous de l'Histoire et l'actualité sur son nouveau livre consacré à Michel-Ange1. Avec Jean-Noël Jeanneney, le débat a porté sur la place de l'histoire dans la politique et de son appropriation par les politiques ainsi que les liens entre l'histoire et l'actualité (en échos à son nouvel ouvrage Au regard de l'histoire2). Enfin, Passi a interprété deux chansons de son nouvel album, Ère Africa. En marge du sommet de la francophonie de Kinshasa, la dernière conversation de l'émission était sur les rapports entre France et Afrique.

Malgré quelques problèmes techniques plongeant les animateurs dans un profond stress, l'émission s'est déroulée devant une salle comble et un public survolté. Hors antenne, Passi a offert en exclusivité pour les spectateurs un dernier titre, une réinterprétation de son tube "Face à la mer" (mais sans Calogero).


Après avoir été submergé par les autographes et les photos des fans, Philippe Collin et Xavier Mauduit m'ont accordé un court entretien.


Vous avez tous les deux suivis des études d'Histoire (Philippe Collin ayant obtenu une maitrise d'histoire et Xavier Mauduit venant de soutenir sa thèse de doctorat en mars 20123). Et lors de votre émission, un débat a eu lieu sur le rôle de l'histoire avec Jean-Noël Jeanneney. Pour vous, quelle place doit avoir l'histoire aujourd'hui ?

Philippe Collin : Le professeur va répondre !

Xavier Mauduit : Elle est double. Premièrement, elle est essentielle pour notre regard sur l'actu. On matte le flux d'informations, on adore ça, et à un moment tu te poses et tu regardes avec le recul. Tu as ton info qui tombe et puis tu regardes avant ce qu'il s'était passé. La démarche historique est ici appliquée pour comprendre le présent. C'est le côté important de l'histoire : elle est là, toujours présente. Deuxièmement, je vous rapporte aux travaux du Comité de Vigilance face aux Usages Publics de l'Histoire4, qui eux surveillent comment on utilise l'histoire et ce n'est pas si simple que ça. L'usage de l'histoire est très compliqué, on peut en faire se que l'on veut. L'histoire ne se manipule pas n'importe comment, il y a une méthode et une vraie réflexion.

Justement, on en revient à la controverse qu'avait provoqué la une du Figaro Magazine d'août 20125 dont les historiens dénonçaient le parti pris idéologique ou le marquage trop politique.

X.M. : En même temps, c'est le Figaro. Il y avait des historiens très intéressants dans ce numéro mais un peu orientés. Pour moi, plus on parle d'histoire, mieux c'est. Mais on ne peut pas vendre l'histoire comme une chose figée. Par exemple, la polémique du musée de l'Histoire de France c'était ça. L'Histoire de France serait un truc figé dans le temps. Mais non, c'est plus compliqué. L'histoire évolue, tout est en débat, il y a des questionnements et cela dépend où l'on se place. L'histoire ce n'est pas le papier glacé à la Stéphane Bern. Son émission, Secrets d'Histoire (France 2), est intéressante mais ce n'est pas que ça l'histoire.

P.C. : Si on met de côté la démarche scientifique, ce que j'aime dans l'histoire c'est que ça raconte aussi des histoires. Cela te permet de te créer un imaginaire, mais sans pour autant raconter n'importe quoi. J'ai fait de l'histoire pour pouvoir m'échapper du quotidien et du réel. L'histoire a cette dimension de machine à rêves. L'histoire, c'est du plaisir.

X.M. : On fait de l'histoire parce qu'on adore ça. Ce que j'aime bien aussi c'est que ça permet de comprendre. On est quand même dans un monde aujourd'hui où il n'y a rien de récent, on est que dans du vieux, comme à Paris où c'est tout du XIXe siècle. Parfois ça m'étonne de voir des gens qui passent toujours devant la même statue et qui ne savent pas de qui il s'agit. Je pense que quand on a ses petites armes culturelles, on est plus à l'aise. Même si ça ne sert pas à grand chose, se dire qu'ici il s'est passé ça permet de mieux comprendre son monde. C'est pour ça que l'histoire est liée à la géographie. Ce sont deux disciples pour comprendre le monde qui se marient très bien.

Vous avez réussi, grâce à vos émissions (Panique au Mangin Palace, Panique au ministère Psychique ou La Cellule de dégrisement sur France Inter depuis 2005), à insuffler un nouvel esprit pop à la radio. Le thème de cette édition 2012 des Rendez-Vous de l'Histoire, les Paysans, c'est pop ?

X.M. : Ils ne sont pas pop en soit mais ils peuvent être pop. Il y en a. Par exemple, les jeunes paysans d'aujourd'hui sont les nouveaux aventuriers. C'est de la folie de se dire « je veux reprendre une ferme » !

P.C. : Il y a un côté romantique.

X.M. : Je trouve merveilleux ce courage. Il n'y a que 3% de la population en France qui travaille dans le milieu agricole. Mais quelle est cette répartition dans le territoire ? C'est quasiment tout le territoire. Tout est paysan.

P.C. : Pop veut dire populaire.

X.M. : Donc tout est pop. Si tu veux confisquer un savoir, tu enlèves le côté pop de la chose, tu fais peur aux gens. « C'est trop sérieux, c'est pas pour moi ! ». Pendant longtemps, les classes populaires n'avaient pas accès à l'université et aux savoirs un peu plus "sérieux". Les grands discours sérieux dans de grands amphis écartent plein de gens. Et notre discours est de faire passer parfois des idées très complexes en les rendant pop. La libération de la forme est importante pour faire passer le message politique du fond. C'est très Bourdieu comme raisonnement mais ça fonctionne. Tout est accessible, il ne faut pas que les gens aient peur. Un livre d'histoire, même un peu compliqué, te donneras autant de plaisir qu'une mauvaise vulgarisation. Rendons les choses simples.

Propos recueillis par Adrien Robin.

1 LANG, Jack, LEMOINE, Colin, Michel-Ange, Paris, Fayard, 2012

2 JEANNENEY, Jean-Noël (dir.), Au regard de l'Histoire. L'actualité vue par les historiens. Du printemps arabe à l'élection présidentielle, Paris, Autrement, 2012

3 MAUDUIT, Xavier, Le ministère du faste : la Maison du président de la République et la Maison de l’empereur (1848-1870), Thèse de doctorat en Histoire, Université Panthéon-Sorbonne Paris 1, 2012 

4 Site du Comité de Vigilance face aux Usages Publics de l'Histoire (CVUH) : http://cvuh.blogspot.fr

5 « Qui veut casser l'histoire de France ? », Le Figaro Magazine, n° 21169/21170

mardi 23 octobre 2012

Les Paysans et les Loups en Loir-et-Cher.


 Conférence présentée par Mr Jean-Marc Moriceau, professeur à l'université de Caen et membre de L'Institut universitaire de France.

Cette conférence débute par un constat : Le Loir-et-Cher fait parti des départements où il y a eu le plus d'enfants attaqués par des loups...
La majorité de l'assemblée étant composée de classes de 6èmes et de 5èmes de différents collèges du département, je vous laisse imaginer ce qu'ont ressenti les enfants.
Puis après cette entrée appeurante, Mr Moriceau nous raconte l'histoire commune des loups et des hommes à travers les siècles, cette guerre sans fin qui les opposa jusqu'à la disparition du loup du territoire français dans les années 1930.
Afin de comprendre cette lutte contre les loups, il est nécessaire d'en connaître les causes. Pourquoi une telle volonté de tuer cet animal ?
La réponse est assez simple, les paysans ont toujours fait de l'élevage, ovin, bovin... Le loup voit ces bêtes comme un bon garde manger et va se servir, nous pouvons voir que les problèmes de nos ancêtres leurs ont survécu. De plus, en attaquant les chevaux qui servent à faire du transport et en attaquant les bœufs appartenant aux bourgeois, le loup menace directement l'économie de notre pays.
Mais loin de l'aspect économique, c'est surtout l'impact sur les populations qui va déclencher cette lutte entre l'homme et l'animal, cette « bête » qui en s'attaquant à l'homme perd sa condition animale et surpasse l'homme au niveau de la prédation. Nous pouvons retrouver des traces de l'attaque de loups sur des hommes dès la période gauloise, où figure sur certaines pièces un loup dévorant un homme. La majeure partie des attaques étant liées au fait que le loup est contaminé par la rage, une minorité montre que le loup a attaqué des enfants car il les voyait comme des proies faciles. Les contes de Perrault et plus particulièrement « Le Petit Chaperon Rouge » seraient issus d'histoires vraies... Diverses sources en France relatent ces faits d'attaques de loups sur des enfants, le roi est même obligé de faire intervenir sa louveterie pour chasser les loups de la forêt d'Amboise. Se mettent alors en place différents moyens de lutter contre le loup, que ce soit les chiens, les pièges ou encore les lanternes à loups accrochées devant les maisons et censées les repousser. Le gouvernement met en place des battues pour traquer l'animal, la présence des paysans y est obligatoire sous peine d'amendes. La destruction de loups est encouragée et est récompensée par une prime d'un mois de salaire. L'homme commence à connaître son adversaire et le chasse différemment selon son âge, les louveteaux sont chassés durant le printemps alors que les loups adultes sont chassés l'hiver car il y a moins de végétation pour qu'ils se camouflent. La dernière prime pour la destruction d'un loup fut attribuée en 1927 dans le département du Cantal, les loups disparurent de France dans les années 1930.

Réaction des collégiens.

Les réactions des collégiens à l'issu de cette conférence furent variées. Ils oscillaient entre inquiétude et fascination pour cet animal vu longtemps comme le mal absolu. Nous pouvons retrouver leurs sentiments à travers leurs questions. Certains ont demandé pourquoi le loup mangeait de la chair humaine, l'explication de Mr Moriceau est que les conditions de l'époque étaient différentes, les enfants n'étaient pas si bien alimentés, gardaient des bêtes dans des champs, loin de toute maison, ce qui en faisaient des proies faciles. Il explique également que les attaques de loups existent encore mais qu'en France cela relèverait de l’exceptionnel. Il a aussi été question de la localisation du loup et de son nombre, Mr Moriceau expliqua le cheminement des loups depuis le parc du Mercantour jusqu'à la colonisation de quelques départements de l'est de la France. Quant à leur nombre, il pense à 250 loups. Une fois les inquiétudes passées, les enfants demandèrent si on avait le droit de tuer des loups en France ? Si oui combien ? Dans quel pays y en avait-il le plus ? Enfin ils en vinrent à se demander pourquoi les loups furent exterminés en France ? La réponse de Mr Moriceau est que l'économie française étant principalement basée sur le monde paysan, la destruction des loups les a mis en sécurité. Les collégiens se sont également intéressés à la protection du loup, la Convention de Berne protège cet animal à l'échelle mondiale tandis que la directive Habitat le protège au niveau européen. Cependant il y a encore des pays comme l'Arménie où les primes de destruction sont toujours de vigueur. Cette conférence a permis à ces collégiens de mieux comprendre les bases de la problématique actuelle autour du loup et de comprendre que loin d'être une bête abominable, le loup n'est pas non plus un « animal de compagnie », il s'agit d'un animal sauvage et dangereux.