Das Feld der Geschichte

Das 15. Historikertreffen in Blois stellt eine Besonderheit französischer Geschichtskultur dar, die in Deutschland weitgehend unbekannt ist. Die Teilnahme am Integrierten Studiengang Geschichte der Universitäten Bochum und Tours ermöglicht uns, eine doppelte Perspektive einzunehmen: Erstens kommentieren wir die Beiträge im Rahmen der UE découverte. Zweitens erhalten wir einen neuen Zugang zur französischen Historiographie, um diese mit der deutschen Geschichtswissenschaft zu vergleichen.

lundi 5 novembre 2012

Downtown

Pour les Rendez-Vous de l'Histoire, Radio France a délocalisé certaines de ses émissions pour des enregistrements en public. Downtown faisait donc parti de ce voyage en région. L'émission est animée par Philippe Collin et Xavier Maudit sur France Inter, du lundi au vendredi de 18h20 à 19h. 

Pour cette spéciale Rendez-Vous de l'Histoire, Collin et Mauduit recevaient 3 ministres : Jack Lang, initiateur des Rendez-Vous de l'Histoire de Blois et éternel ministre de la Culture ; Jean-Noël Jeanneney, président du Conseil Scientifique des Rendez-Vous et ancien secrétaire d'État ; Passi, rappeur et ancien membre du Ministère A.M.E.R.

La quotidienne pop et décalée du duo de France Inter a commencé par une chronique présentant la ville de Blois, une "carte postale" auditive composée d'archives sonores de l'INA. Une seconde chronique sur une brève histoire de la baguette magique est venue ponctuer l'émission.

Avec leur premier invité, Jack Lang, Collin et Mauduit ont évoqué son action culturelle à Blois, la création des Rendez-Vous de l'Histoire et l'actualité sur son nouveau livre consacré à Michel-Ange1. Avec Jean-Noël Jeanneney, le débat a porté sur la place de l'histoire dans la politique et de son appropriation par les politiques ainsi que les liens entre l'histoire et l'actualité (en échos à son nouvel ouvrage Au regard de l'histoire2). Enfin, Passi a interprété deux chansons de son nouvel album, Ère Africa. En marge du sommet de la francophonie de Kinshasa, la dernière conversation de l'émission était sur les rapports entre France et Afrique.

Malgré quelques problèmes techniques plongeant les animateurs dans un profond stress, l'émission s'est déroulée devant une salle comble et un public survolté. Hors antenne, Passi a offert en exclusivité pour les spectateurs un dernier titre, une réinterprétation de son tube "Face à la mer" (mais sans Calogero).


Après avoir été submergé par les autographes et les photos des fans, Philippe Collin et Xavier Mauduit m'ont accordé un court entretien.


Vous avez tous les deux suivis des études d'Histoire (Philippe Collin ayant obtenu une maitrise d'histoire et Xavier Mauduit venant de soutenir sa thèse de doctorat en mars 20123). Et lors de votre émission, un débat a eu lieu sur le rôle de l'histoire avec Jean-Noël Jeanneney. Pour vous, quelle place doit avoir l'histoire aujourd'hui ?

Philippe Collin : Le professeur va répondre !

Xavier Mauduit : Elle est double. Premièrement, elle est essentielle pour notre regard sur l'actu. On matte le flux d'informations, on adore ça, et à un moment tu te poses et tu regardes avec le recul. Tu as ton info qui tombe et puis tu regardes avant ce qu'il s'était passé. La démarche historique est ici appliquée pour comprendre le présent. C'est le côté important de l'histoire : elle est là, toujours présente. Deuxièmement, je vous rapporte aux travaux du Comité de Vigilance face aux Usages Publics de l'Histoire4, qui eux surveillent comment on utilise l'histoire et ce n'est pas si simple que ça. L'usage de l'histoire est très compliqué, on peut en faire se que l'on veut. L'histoire ne se manipule pas n'importe comment, il y a une méthode et une vraie réflexion.

Justement, on en revient à la controverse qu'avait provoqué la une du Figaro Magazine d'août 20125 dont les historiens dénonçaient le parti pris idéologique ou le marquage trop politique.

X.M. : En même temps, c'est le Figaro. Il y avait des historiens très intéressants dans ce numéro mais un peu orientés. Pour moi, plus on parle d'histoire, mieux c'est. Mais on ne peut pas vendre l'histoire comme une chose figée. Par exemple, la polémique du musée de l'Histoire de France c'était ça. L'Histoire de France serait un truc figé dans le temps. Mais non, c'est plus compliqué. L'histoire évolue, tout est en débat, il y a des questionnements et cela dépend où l'on se place. L'histoire ce n'est pas le papier glacé à la Stéphane Bern. Son émission, Secrets d'Histoire (France 2), est intéressante mais ce n'est pas que ça l'histoire.

P.C. : Si on met de côté la démarche scientifique, ce que j'aime dans l'histoire c'est que ça raconte aussi des histoires. Cela te permet de te créer un imaginaire, mais sans pour autant raconter n'importe quoi. J'ai fait de l'histoire pour pouvoir m'échapper du quotidien et du réel. L'histoire a cette dimension de machine à rêves. L'histoire, c'est du plaisir.

X.M. : On fait de l'histoire parce qu'on adore ça. Ce que j'aime bien aussi c'est que ça permet de comprendre. On est quand même dans un monde aujourd'hui où il n'y a rien de récent, on est que dans du vieux, comme à Paris où c'est tout du XIXe siècle. Parfois ça m'étonne de voir des gens qui passent toujours devant la même statue et qui ne savent pas de qui il s'agit. Je pense que quand on a ses petites armes culturelles, on est plus à l'aise. Même si ça ne sert pas à grand chose, se dire qu'ici il s'est passé ça permet de mieux comprendre son monde. C'est pour ça que l'histoire est liée à la géographie. Ce sont deux disciples pour comprendre le monde qui se marient très bien.

Vous avez réussi, grâce à vos émissions (Panique au Mangin Palace, Panique au ministère Psychique ou La Cellule de dégrisement sur France Inter depuis 2005), à insuffler un nouvel esprit pop à la radio. Le thème de cette édition 2012 des Rendez-Vous de l'Histoire, les Paysans, c'est pop ?

X.M. : Ils ne sont pas pop en soit mais ils peuvent être pop. Il y en a. Par exemple, les jeunes paysans d'aujourd'hui sont les nouveaux aventuriers. C'est de la folie de se dire « je veux reprendre une ferme » !

P.C. : Il y a un côté romantique.

X.M. : Je trouve merveilleux ce courage. Il n'y a que 3% de la population en France qui travaille dans le milieu agricole. Mais quelle est cette répartition dans le territoire ? C'est quasiment tout le territoire. Tout est paysan.

P.C. : Pop veut dire populaire.

X.M. : Donc tout est pop. Si tu veux confisquer un savoir, tu enlèves le côté pop de la chose, tu fais peur aux gens. « C'est trop sérieux, c'est pas pour moi ! ». Pendant longtemps, les classes populaires n'avaient pas accès à l'université et aux savoirs un peu plus "sérieux". Les grands discours sérieux dans de grands amphis écartent plein de gens. Et notre discours est de faire passer parfois des idées très complexes en les rendant pop. La libération de la forme est importante pour faire passer le message politique du fond. C'est très Bourdieu comme raisonnement mais ça fonctionne. Tout est accessible, il ne faut pas que les gens aient peur. Un livre d'histoire, même un peu compliqué, te donneras autant de plaisir qu'une mauvaise vulgarisation. Rendons les choses simples.

Propos recueillis par Adrien Robin.

1 LANG, Jack, LEMOINE, Colin, Michel-Ange, Paris, Fayard, 2012

2 JEANNENEY, Jean-Noël (dir.), Au regard de l'Histoire. L'actualité vue par les historiens. Du printemps arabe à l'élection présidentielle, Paris, Autrement, 2012

3 MAUDUIT, Xavier, Le ministère du faste : la Maison du président de la République et la Maison de l’empereur (1848-1870), Thèse de doctorat en Histoire, Université Panthéon-Sorbonne Paris 1, 2012 

4 Site du Comité de Vigilance face aux Usages Publics de l'Histoire (CVUH) : http://cvuh.blogspot.fr

5 « Qui veut casser l'histoire de France ? », Le Figaro Magazine, n° 21169/21170

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