Avec la participation de Jean
Birnbaum, responsable du Monde Des Livres, Romain Ducoulombier, chercheur
associé au centre d’histoire de Science Po, Nicolas Werth directeur de recherche
au CNRS et Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.
Dans cette comparaison, nous
allons tenter de répondre au débat d’actualité comparant fascisme et communisme.
Selon Pierre Laurent, ce débat a été relancé au printemps par la droite
politique juste avant la période électorale. C’est au moment où le Front De
Gauche dépasse la barre des 10% que ce thème ressurgit. Pour Pierre Laurent, ce
thème est instrumentalisé comme une arme politique. Selon lui, la violence de
masse est volontaire et revendiqué par les parties fascistes, Mussolini
revendique un Etat totalitaire et raciste. Le communisme, c’est tout l’inverse,
et les phénomènes totalitaires se déploient contre le communisme.
Selon Romain Ducoulombier, le
terme de « totalitarisme » est un « détour ». On ne peut
pas non plus dire qu’il s’agit d’un terme datant de la guerre froide, car les
antifascistes l’étendent au bolchevisme. L’antifascisme reste un enjeu
politique, le terme de « fasciste » est utilisé par la gauche pour
qualifier la droite. D’énormes progrès historiographiques ont été fait sur
cette question, plus les historiens travaillent sur la société soviétique, plus
ils s’aperçoivent que derrière un cadre figé, on s’enfonce dans de longues
histoires nationales. Nous disions tout à l’heure que le régime totalitaire
revendiquait sa violence, mais la violence est également au centre de la politique
et de la pensée léniniste puisque Lénine la revendique également. L’Union Européenne définit deux types de
dictatures, le nazisme et le totalitarisme.
Selon Pierre Laurent, le
stalinisme n’a rien à voir avec le communisme. Il évoque que le communisme a
connu de nombreux changements et qu’il est au début d’une nouvelle époque où il
renoue avec ses ambitions fondatrices du XIXème siècle.
Pour Nicolas Werth, l’ouverture
des archives a permis d’approfondir la singularité du régime stalinien ainsi
que ses buts. Cependant, nous pouvons voir durant toute la Guerre Froide,
l’influence de Moscou à travers l’Europe, tant au niveau politique que
financier. Le parti communiste paye la formation des cadres. Le parti
communiste français est un hybride issu du guesdisme et du syndicalisme
révolutionnaire, il reçoit et répercute en France les idées et les pratiques
bolchevicks. Les idées se transforment en franchissant les frontières. Les
désirs du PCF sont incompatibles avec les désirs de Staline.
Pour conclure, le communisme n’est
pas à affilier au fascisme, du moins dans le cas de la France. Car comme nous l’avons
vu, le PCF malgré ses rapports étroits avec Moscou, reste relativement
indépendant.
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