Das Feld der Geschichte

Das 15. Historikertreffen in Blois stellt eine Besonderheit französischer Geschichtskultur dar, die in Deutschland weitgehend unbekannt ist. Die Teilnahme am Integrierten Studiengang Geschichte der Universitäten Bochum und Tours ermöglicht uns, eine doppelte Perspektive einzunehmen: Erstens kommentieren wir die Beiträge im Rahmen der UE découverte. Zweitens erhalten wir einen neuen Zugang zur französischen Historiographie, um diese mit der deutschen Geschichtswissenschaft zu vergleichen.

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dimanche 23 décembre 2012

Comment l'idéologie vient aux programmes d'Histoire

Ce débat était animé par Michel Lefebvre, journaliste au Monde, et a eu lieu en présence d'Antoine Prost, professeur émérite Paris I Panthéon-Sorbonne (en remplacement de Vincent Peillon, minstre de l'Éducation Nationale), Nicolas Offenstadt, professeur d'histoire à Paris I Panthéon-Sorbonne, et Emmanuel Laurentin, producteur et animateur de La Fabrique de l'Histoire sur France Culture. Il revenait sur les nombreuses polémiques qu ont lieu ces 30 dernières années sur les programmes scolaires d'histoire.

Antoine Prost affirme qu'il n'est pas évident d'enseigner l'Histoire. En effet, le temps pédagogique est trop court pour la masse de connaissances en présence. Il faut également avoir de bonnes raisons pour l'enseigner. La société et les citoyens doivent être former par l'histoire. La place de l'histoire contemporaine est donc importante. Pas nécessairement pour Nicolas Offenstadt car il existe des sociétés humaines sans histoire. Un autre problème se pose alors : l'histoire, pour former quel citoyen ? Cette question soulève le fait que la réponse ne peut être qu'idéologique. Il faut accepter ce constat. Au XIXe siècle, la science servait la nation donc la science est idéologique. Pour Nicolas Offenstadt, ce n'est pas grave car nous sommes nés dans cette ambiguité. Emmanuel Laurentin se demande alors pourquoi la question de l’idéologie est une idée récurrente qui revient dans le débat public et qu'il serait important d'y réfléchir.

L'historien Marc Bloch trouvait que les programmes scolaires étaient trop institutionnels et que l'ouverture sur le monde avec l'apprentissage d'autres civilisations était nécessaire. Cela souleva évidemment de nombreuses critiques. Antoine Prost y voit deux problèmes. Le premier concerne les choix idéologiques. Que doit connaître un citoyen ? Le deuxième problème est d'orde pédagogique. En effet, dans ce domaine les compétences sont difficiles à évaluer quand le savoir demandé n'est pas clairement défini et quand les professeurs ne maitrises pas un sujet. C'est pour cela que Nicolas Offenstadt pense que le programme d'histoire doit être construit par des professionnels. Le programme présente des enjeux historiographiques et doit répondre à des questions sociales. On se sert des programmes d'histoire comme d'une formation identitaire, or l'Histoire n'est pas l'Identité.

Aujourd'hui il y a une incompréhension du public sur l'évolution de l'histoire. De nombreuses personnes déplorent que l'Histoire enseignée ne laisse plus de place à une histoire figée dans le temps qui permettrait aux élèves de se repérer. Pour Emmanuel Laurentin, l'Histoire fixe n'est pas mauvaise. Nicolas Offenstadt rétorque alors qu'il faut résister à cela : les repères historiques ne sont pas fixes. Des critiques récurrentes clament que l'enseignement actuel baisserai le niveau des élèves, et que cela est notamment due à l'abandon de l'apprentissage de la chronologie. Antoine Prost rappelle que les savoirs historiques sont toujours troués et donc qu'il est difficile d'enseigner seulement une chronologie. Pour lui, il ne faut pas bouger les programmes tout le temps, qu'il faut laisser le temps à la routine de s'installer pour les réviser ensuite. Emmanuel Laurentin propose de faire une enquête sur la façon d'enseigner. Au lieu de seulement critiquer les programmes, on aurait une meilleure vision de ce que l'on enseigne réellement. Le niveau ne baisse pas forcément, il ne fait que se déplacer. La démocratisation des savoirs et le développement de nouveaux domaines pose une question : que enseigner ?

On critique les manuels scolaires car l'histoire de France est diluée dans l'histoire mondialiste. Pour Antoine Prost, cela est dû à la réputation de gauche qu'à l'Éducation Nationale. On critique les programmes car il sont trop raffinés et trop divers. Mais à quoi sert alors une histoire simpliste ? Nicolas Offenstadt pense que l'histoire est retournée à son but identitaire archaïque, où l'histoire doit être rassurante et nostalgique. Quant à Emmanuel Laurentin, il déplore que l'histoire ne se raconte plus, qu'il faut peut être un retour du merveilleux. « Faux » répond Nicolas Offenstadt, les professeurs racontent les récits. Antoine Prost conclue finalement que les universitaires sont des hommes passionnés et positionnés idéologiquement. Plutôt que de débattre de la place (inévitable) de l'idéologie dans les programmes d'histoire, il faut se demander que enseigner et comment le faire.

mercredi 14 novembre 2012

7/10/1571 : Lépante, la signification d’une bataille



Lépante est située en Grèce actuelle (sous domination ottomane à l’époque) et cette bataille navale est la plus sanglante de la Méditerranée qui oppose les catholiques (Monarchie Catholique, République de Venise, papauté) et l’Empire Ottoman en pleine expansion sur l’Europe après avoir réussi à occuper l’île de Chypre quelques mois avant la bataille de Lépante. Donc, en quoi cette bataille est un tournant dans l’histoire de la Méditerranée ?

         Parlons d’abord des forces en présence. Nous avons 3 puissances qui s’affrontent. D’abord l’Empire Ottoman : c’est un empire en pleine expansion. Pour les Occidentaux, les ottomans sont des paysans arriérés. Or, c’est une puissance à la fois aristocratique et multinationale (c'est-à-dire qu’au sein de l’Empire Ottoman, il y a des chrétiens orthodoxes (serbes, bulgares, grecs, etc.) et d’autres musulmans (arabes)). Mais c’est avant tout un pays où l’islam est la religion majoritaire. Il est dirigé par Selim II, fils de Soliman le Magnifique qui est plus pacifique et en même temps plus dérangé que son père. Il a réussi à conquérir l’île de Chypre avant même la bataille de Lépante. Le 2ème acteur c’est la République de Venise. C’est une puissance avant tout catholique mais tolérante vis-à-vis d’autres religions, dont l’orthodoxie. D’où sa devise « vénitien d’abord, chrétien après ». C’est un empire maritime puisqu’elle se compose de la Vénétie, des côtes adriatiques et de l’île de Chypre. Elle possède une ambassade à Constantinople (Istanbul), fait du commerce et investit dans la Sublime Porte. Et enfin la Monarchie Catholique (« Espagne »). Dirigée par Philippe II, la Monarchie Catholique est l’ennemi jurée de l’islam. Elle est composée de l’Espagne actuelle, d’une bonne partie de la péninsule italienne (Sicile, Sardaigne, le royaume de Naples), de la partie sud des Pays-Bas et de ses colonies en Amérique. Donc c’est la première puissance mondiale à l’époque. Donc on a là 3 intérêts différents des uns et des autres.
          Le pape Pie V, un ancien inquisiteur, veut briser à tout prix la puissance ottomane. Pour lui, Venise est en train de céder Chypre. Il décide d’intervenir à Venise et de rencontrer le doge vénitien pour un objectif clair : faire face à l’expansion de l’islam en Europe et de faire coalition avec la Monarchie Catholique. Même en étant ennemi l’un et l’autre, la Monarchie Catholique et la République de Venise acceptent de signer une alliance pour faire face à l’expansion ottomane. Il faut maintenant préparer la guerre avec des ressources financières et humaines : 120000 hommes sont allés batailler à Lépante. Mais il faut également des efforts d’informations. Avant Lépante, Chypre est passée sous le contrôle de l’Empire Ottoman. La république de Venise a dû attendre 2 mois avant de connaître cette information car Chypre est une base très important d’un point de vue militaire et commerciale. Philippe II a beaucoup d’espions à Constantinople. Les ambassadeurs comme Varbaro écrivent la vue et la situation dans l’Empire ottoman de Selim. Désormais on connait les préparatifs à Chypre. Le vizir décide d’enfermer Varbaro. Les galères deviennent plus grandes et il y a plus d’hommes. Don Juan d’Autriche fait accepter des soldats de Philippe II aux galères vénitiennes. Venierro prend ces soldats et les faits exécuter sans juridiction. Les pachas ottomans ont leurs propres intérêts. La guerre de coalition catholique contre l’islam, incarné par l’Empire ottoman, voit une victoire des catholiques. Pourtant, du côté des catholiques, les galères ne résistent pas à la catastrophe. Le 9/10/1571, les galères comptent beaucoup de blessés. Mais pour les Ottomans, ce n’est qu’un banal incident. Selim II reconstitue la flotte ottomane. En conséquence, Venise envoie un ambassadeur à Constantinople pour signer la paix avec les Ottomans. Philippe II craint Venise qui perd une bataille diplomatique (Chypre est maintenue au sein de l’Empire Ottoman). La Monarchie catholique perd des bases en Afrique et l’Empire Ottoman continue sa conquête jusqu’en Crète.

La bataille de Lépante est un tournant majeur dans l’histoire de la Méditerranée. Venierro rapporte la nouvelle de la victoire de la coalition catholique contre l’Empire Ottoman en 19 jours. C’est le triomphe de la « propagande » militaire de la coalition catholique. Pie V ajoute l’imprimé du plan de la bataille 5 jours après. Mais c’est une défaite diplomatique puisque Venise a perdu l’île de Chypre par le biai d’un traité signé avec les Ottomans. Les catholiques se battent non seulement contre l’islam mais aussi contre le protestantisme.
A noter : cette conférence est présentée par l’historien italien Alessandro Barbero à travers son ouvrage intitulé Lépante : la bataille des trois empires.

mardi 13 novembre 2012

Faschismus, Kommunismus und das grundsätzliche Problem der Totalitarismustheorie

L'article suivant traitant du débat „Fascisme et Communisme. Actualité d'une comparaison“, va d'abord démontrer qu'il s'agissait d'une discussion sur la théorie du totalitarisme voire d'une confrontation de Pierre Laurent avec cette notion. Dans un deuxième temps, il est question de la critique d'une telle notion notamment au niveau du révisionnisme historique, utilisée notamment par l'extrême droite allemand pour relativiser les crimes du Reich. Finalement nous proposerons pour élargir le débat de l'enrichir avec l'approche des recherches sur les génocides pour mieux comprendre les caractéristiques structurelles de la violence nazie ou stalinienne.

Kommentar zur Debatte „Fascisme et Communisme: Actualité d'une comparaison“ unter der Leitung von Jean Birnbaum (Le Monde des Livres) mit Sophie Coeuré (Maître de conférence an der ENS), Romain Ducoulombier (Forscher am Centre d'histoire der Science Po), Nicolas Werth (Directeur de recherche am SNRS-IHTP, Mitautor des Werkes „Das Schwarzbuch des Kommunismus – Unterdrückung, Verbrechen und Terror“) und Pierre Laurent (Nationalsekretär der PCF und Vorsitzender der Europäischen Linken).
Die Debatte, angekündigt als ein Gespräch über den Vergleich zwischen Kommunismus und Faschismus, wurde, ob geplant oder nicht, zu einer Diskussion über die Totalitarismustheorie, bzw. mündete größtenteils in eine Debatte über diese Theorie. Das Problem, welches sich dabei grundsätzlich ergibt und welches sich auch immer wieder stellen wird, ist die politische Tragweite, bzw. die politisierende Verwendung des Konzeptes als Kampfbegriff in der Auseinandersetzung politischer Opponenten. Pierre Laurent wies treffend darauf hin, dass von Seiten der UMP im Vorfeld der französischen Präsidentschaftswahlen 2012 der Front de Gauche eine fundamentale Nähe zum Faschismus zugesprochen wurde: Ein Beispiel für die Ambivalenz eine Theorie, die als methodische Anleitung zum Vergleich politischer Systeme bezeichnet werden könnte, dies aber niemals allein, sondern immer auch ein politisches Instrument war.
Es ist natürlich einzuwenden, dass ein Vergleich zweier politischer Systeme grundsätzlich nicht falsch ist, doch gerade dabei stellt sich die Frage nach der Angemessenheit der Methode. Die Totalitarismustheorie eignet sich insofern nur bedingt als historisches Instrument, da mit ihr eine systematische Nähe zwischen Faschismus und Kommunismus (respektive „real existierendem Sozialismus“) nicht nur postuliert wird sondern schon als a priori existent vorausgesetzt wird. Insofern ist der historiographischen Verwendung dieses Konzeptes entgegenzuhalten, dass es sich außerordentlich gut für die Erringung politisch-kultureller Deutungshoheit der Vergangenheit instrumentalisieren lässt und dies auch geschehen ist. Exemplarisch anzumerken bleibt dabei, dass Romain Ducoulombier, als Verfechter der Totalitarismustheorie, Ernst Nolte mit der bekannten These zitierte, dass der Holocaust als Reaktion auf den Gulag zu betrachten sei. Er demonstrierte damit eine in Deutschland seit Nolte vor allem im rechten Lager verbreitete Manier, mit Hilfe solcher vereinfachender Kausalketten die Verbrechen des Nationalsozialismus zu relativieren und den Schuldvorwurf an die Adresse des Kommunismus weiterzureichen. Letzteres zeigt sich deutlich, wenn sich die Vergleiche wie auch in der Publikumsdebatte am Ende der Diskussion auf Opferzahlen oder die Grausamkeit der Verbrechen beziehen: Diese Form der Debatte ist weder historisch angemessen noch bietet sie die nötige wissenschaftliche Distanz zum Thema. Es geht dabei lediglich um eine moralisierende Hierarchisierung des Schreckens, in den meisten Fällen verbunden mit den beschriebenen mit politischen Absichten. Gerade der schlaglichtartige und auch gerne von der deutschen Rechten angebrachte Vergleich „Hitler: 6 Millionen, Stalin: 20 Millionen“ greift dabei viel zu kurz.1
Der Gewaltakt selber, seine strukturellen Merkmale, seine Ideen- und sozialgeschichtlichen Hintergründe und die moralische Konsequenz treten dabei in den Hintergrund, die Opfer werden instrumentalisiert und wie Eichmaße in Waagschalen geworfen – mit der Konsequenz historischer und moralischer Relativierung.
In der Diskussionsrunde wurde auf diese Gefahr im Prinzip nicht hingewiesen und diese navigierte daher an einigen Stellen (besonders in der Diskussionsrunde mit dem Publikum) am Rande des unreflektierten Populärrevisionismus. Es entstand als Konsequenz der Eindruck, dass es in erster Linie darum ging, den Nationalsekretär der PCF mit der Totalitarismustheorie zu konfrontieren, bzw. der PCF eine relativ enge Verbindung zu Moskau (Implikation: zum Stalinismus) zur Zeit der UdSSR nachzuweisen. Dies muss Thema einer historischen Untersuchung sein, allerdings war hier der politisierende und auch moralisierende Aspekt zu präsent, als dass sich eine wissenschaftliche Debatte hätte entwickeln können.
Gerade die überaus unvorsichtige und vorschnelle Verwendung des Genozidbegriffs in dieser Diskussion, die Orientierung an Opferzahlen und deren rein instrumentalisierende Verwendung, verstärkte den Eindruck, dass es vielmehr um eine Verteidigung der Totalitarismustheorie ging und nicht darum, neue, differenziertere oder wissenschaftlichere Kriterien im historischen Vergleich heranzuziehen. In der Diskussion wurde nämlich nicht beachtet, dass der Genozidbegriff als eine Form der Beschreibung der Struktur kollektiver Gewalt die Totalitarismustheorie ergänzen bzw. sogar zum entscheidenden Differenzkriterium in diesem müßigen, moralisierten Streit werden kann. Es kann nicht die Aufgabe dieses Artikels sein, diese Problemstellung zu lösen und doch soll die hier angefügte Definition von Prof. Dr. Mihran Dabag (Institut für Diaspora und Genozidforschung der Ruhr-Universität Bochum) als Denkansatz dienen, die Strukturcharakteristika kollektiver Gewalt im Dritten Reich und in der UdSSR zu untersuchen.
Genozid schließlich wäre die mit dem ausgesprochenen Ziel der Extermination geplante und ideologisch begründete Auslöschung einer spezifischen Bevölkerungsgruppe als solcher aus der Mitte einer Gesellschaft mit der Absicht den visionären Selbstentwurf einer homogenen Gesellschaft in Identität von Volk, Kultur, Territorium und Herrschaft durch die Vernichtung des als nicht-integrierbar definierten ‚Anderen‘ in kürzester Frist zu verwirklichen. Genozid ist somit ein gesamtgesellschaftliches, jeweils singulares Verbrechen, das sich in national spezifischen Transformationsprozessen vollzieht.“2

1 Homepage der NPD Hamburg: Wie schlimm waren die kommunistischen Verbrechen wirklich?, 25.2.2012 (http://www.npd-hamburg.de/aktuelles/nachrichten/wie-schlimm-waren-die-kommunistischen-verbrechen-wirklich-25022012_1690.html abgerufen am 29.10.2012). Oder: Homepage der NPD-Fraktion Mecklenburg-Vorpommern: Schluss mit dem Schuldkult, 1.2.2012 (http://www.npd-fraktion-mv.de/index.php?com=news&view=article&id=1080&mid=8 abgerufen am 29.10.2012).
2 Dabag, Mihran: Modern Societies and Collective Violence. The Framework of Interdisciplinary Genocide Studies, in: Genocide. Approaches, Case Studies, and Responses, hrsg. von Graham C. Kinloch und Raj P. Mohan, New York 2005, S. 37-63, hier S. 42f.



Jan Kellershohn, David Spieker, Yvonne Gacki, Marco Kampa, Simon Glöckner

lundi 5 novembre 2012

Du Sang Neuf en Histoire Militaire


Cette conférence nous a été présentée par Hervé DREVILLON, professeur à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Fadi EL HAGE, chercheur français et professeur dan le secondaire, Stéphane GENET, professeur au Lycée Choiseul de Tours, Louis PANEL chargé de recherches au département de la Gendarmerie nationale du Service Historique de la Défense et Laurent VEYSSIERE conservateur du patrimoine et travaillant à la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives.

Dans un premier temps, il a tout d'abord été question de faire la différence entre « histoire militaire » et « histoire de la guerre ». Selon Mr DREVILLON, l'histoire de la guerre n'est pas révolutionnaire, cette histoire existe depuis longtemps. Cependant, ces dix dernières années ont été marquées par un approfondissement et un renouvellement de cette histoire de la guerre. Ce renouveau a été stimulé par les recherches sur la Première Guerre Mondiale et amène aujourd’hui de nombreux débats. Ces deux histoires ne sont pas identiques, « l'histoire de la guerre » traite de l'anthropologie de la bataille alors que « l'histoire militaire » traite de l'état d'esprit des combattants. Ce nouvel élément change les points de vue et l’intérêt que l'on porte aux sorts des combattants. De multiples questions se posent alors, « les poilus étaient-ils consentants ? Acceptaient-ils le sacrifice ? ». L'histoire militaire se place du point de vue du combattant et analyse son comportement à travers cette spirale de violence qu'est la guerre. Comme je l'ai dit plus haut, l'histoire militaire est secondaire dans l'histoire de la guerre, le plus important est l’anthropologie de la bataille. Nous pouvons donc nous demander si l'histoire militaire est un paradigme pertinent pour entrer dans l'histoire de la guerre ou bien une de ses composantes ?

Pour Mr EL HAGE , l'histoire militaire est une histoire totale qui englobe de nombreuses thématiques. Mr EL HAGE prend l'exemple de son livre, Maréchaux de France, qui parle à la fois d'histoire de la guerre, d'histoire des institutions de l’État, d'histoire économique et d'histoire politique. Cette multiplicité des thèmes montre ce qu'est l'histoire militaire, une vision totale sur un sujet donné, le maréchalat dans le cas de Mr EL HAGE.

Cette pluridisciplinarité est également un atout pour Mr Genet. Dans son ouvrage, Renseignement et Action secrète sous Louis XV, il utilise comme Mr EL HAGE des sources politiques mais également diplomatiques. Il nous explique qu'il a étudié la carrière des espions, leurs salaires ainsi que l'impact de leurs renseignements sur le déroulement des batailles. Toutes ces questions ne peuvent être traitées d'un point de vue exclusif et nécessite une recherche pluridisciplinaire.

Dans cette discussion sur le caractère pluridisciplinaire de l'histoire militaire, il a été question de son évolution et de son avenir. Pour Mr Veyssiere, l'histoire militaire a pendant un temps été appelée « histoire bataille ». Cependant, les demandes du ministère de la Défense ont évolué, ils veulent une approche globale des traditions militaires et valoriser le patrimoine de l'armée et de la nation. Le Ministère de la Défense est le deuxième conservateur du patrimoine de l’État. Il souhaite développer une nouvelle écriture de l'histoire avec le développement d'un bureau spécialisé composé de dix-huit historiens qui définissent des axes de recherches. Des bourses de recherches sont décernées aux auteurs dont les travaux portent sur l'histoire militaire et un prix d'histoire militaire est remis pour récompenser les meilleurs ouvrages. Les éditeurs d'histoire sont à la recherche d'enjeux de renouvellement. L'histoire militaire est en train de profiter de la diffusion de nouveaux travaux et de nouvelles approches et connaît donc un renouveau. Le milieu de l'histoire militaire se structure et vise un public d'amateur.
Selon Mr EL HAGE, l'histoire militaire est une nouveauté, il ne s'agit plus d'une histoire qui distribue des valeurs héroïques au nom de la gloire de la France. Cette histoire militaire amène les historiens à travailler sur de nouvelles ou d'anciennes sources en renouvelant leurs méthodes. Cette nouvelle approche permet de quitter un champs qui sert une idéologie patriotique pour reprendre et élargir de multiples questionnements.

Mr GENET parle de la découverte d'un nouvel objet, son travail sur le renseignement l'a amené à travailler sur des lettres qui lui ont servi à retracer de nombreuses affaires. Pour ce travail, il a fallu qu'il sollicite des méthodes et des pratiques historiques différentes.

Pour Mr PANEL, les jeunes chercheurs sont curieux, ils replongent dans des fonds connus ou que personne ne voulait ouvrir car ils étaient trop volumineux. Ces chercheurs apportent « l’œil » de leur génération, une nouvelle vision des choses et une analyse plus complexe.

Pour Mr DREVILLON, le lien entre l'armée et la nation c'est faire connaître le rôle de nos soldats. Comme nous l'avons vu, les jeunes chercheurs redécouvrent des thèmes largement traités comme la Première Guerre Mondiale mais sous de nouveaux aspects, comme la camaraderie au combat.

Pour conclure, le renouveau de l'histoire militaire est du à un renouveau historiographique et à une évolution de la société vis-à-vis des militaires. A la fin du service militaire, l'armée devient un objet neutre et l'esprit de défense de la nation s'éloigne. Le fait militaire sort du politique. On observe une surreprésentation des ouvrages sur les guerres mondiales. L'histoire militaire a longtemps été accaparé par l'histoire culturelle. Cependant, l'histoire militaire intègre désormais de multiples thématiques historiques afin d'obtenir une vision complète et globale d'un sujet.   

Fascisme et Communisme: actualité d'une comparaison.


Avec la participation de Jean Birnbaum, responsable du Monde Des Livres, Romain Ducoulombier, chercheur associé au centre d’histoire de Science Po, Nicolas Werth directeur de recherche au CNRS et Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

Dans cette comparaison, nous allons tenter de répondre au débat d’actualité comparant fascisme et communisme. Selon Pierre Laurent, ce débat a été relancé au printemps par la droite politique juste avant la période électorale. C’est au moment où le Front De Gauche dépasse la barre des 10% que ce thème ressurgit. Pour Pierre Laurent, ce thème est instrumentalisé comme une arme politique. Selon lui, la violence de masse est volontaire et revendiqué par les parties fascistes, Mussolini revendique un Etat totalitaire et raciste. Le communisme, c’est tout l’inverse, et les phénomènes totalitaires se déploient contre le communisme.
Selon Romain Ducoulombier, le terme de « totalitarisme » est un « détour ». On ne peut pas non plus dire qu’il s’agit d’un terme datant de la guerre froide, car les antifascistes l’étendent au bolchevisme. L’antifascisme reste un enjeu politique, le terme de « fasciste » est utilisé par la gauche pour qualifier la droite. D’énormes progrès historiographiques ont été fait sur cette question, plus les historiens travaillent sur la société soviétique, plus ils s’aperçoivent que derrière un cadre figé, on s’enfonce dans de longues histoires nationales. Nous disions tout à l’heure que le régime totalitaire revendiquait sa violence, mais la violence est également au centre de la politique et de la pensée léniniste puisque Lénine la revendique également.  L’Union Européenne définit deux types de dictatures, le nazisme et le totalitarisme.
Selon Pierre Laurent, le stalinisme n’a rien à voir avec le communisme. Il évoque que le communisme a connu de nombreux changements et qu’il est au début d’une nouvelle époque où il renoue avec ses ambitions fondatrices du XIXème siècle.
Pour Nicolas Werth, l’ouverture des archives a permis d’approfondir la singularité du régime stalinien ainsi que ses buts. Cependant, nous pouvons voir durant toute la Guerre Froide, l’influence de Moscou à travers l’Europe, tant au niveau politique que financier. Le parti communiste paye la formation des cadres. Le parti communiste français est un hybride issu du guesdisme et du syndicalisme révolutionnaire, il reçoit et répercute en France les idées et les pratiques bolchevicks. Les idées se transforment en franchissant les frontières. Les désirs du PCF sont incompatibles avec les désirs de Staline.

Pour conclure, le communisme n’est pas à affilier au fascisme, du moins dans le cas de la France. Car comme nous l’avons vu, le PCF malgré ses rapports étroits avec Moscou, reste relativement indépendant.

La Campagne de Russie corrigée par de nouvelles sources.


Café littéraire : la campagne de Russie

Dominic Lieven, membre associé de la British Academy, La Russie contre Napoléon.
Marie-Pierre Rey, professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, L’effroyable tragédie.

Pour commencer, nous pouvons constater que la Campagne de Russie a été faiblement étudié du côté Russe. De ce fait, chaque pays a une vision nationaliste de cette campagne car l’Etat a voulu cette vision pour faire naître une conscience nationale. Cette conscience, illustrée par des actions héroïques (la charge du Maréchal Murat à la tête de sa cavalerie), se répercute dans la littérature. Pour les Russes, la bataille de Borodino (qui est pour nous la bataille de la Moskowa) est l’élément fondateur de leur conscience nationale qui fait de cette guerre, une guerre patriotique (comme le sera la Seconde Guerre Mondiale). Toutes les classes sociales se regroupent derrière leur Tsar (Alexandre Ier) pour défendre la Sainte Russie, à ce patriotisme se mêle une consonance religieuse. Comme le pensait Napoléon, les Russes se préparaient bien à une guerre, mais à une guerre défensive, ils savaient que tôt ou tard, Napoléon les attaqueraient. Cependant, vaincre à la fois la Russie et l’Angleterre est très difficile, il est nécessaire de posséder une puissance maritime importante pour faire face à la Royal Navy et une puissance terrestre bien organisée et bien ravitaillée. Le cœur de l’Europe, et notamment la Pologne, sont au cœur des conflits qui opposent l’empire russe à l’empire Napoléonien. Tandis que Napoléon veut une Pologne libre et souveraine, le Tsar Alexandre Ier refuse de voir une puissance catholique autonome aux portes de son empire. La guerre qui s’enclenche est une guerre moderne où le patriotisme, l’espionnage et le cheval sont des éléments importants. Comme nous l’avons vu, les russes combattent pour leurs terres, ce qui est différent des armées napoléoniennes qui combattent pour la gloire et dont les rangs ne comptent que 40% de français. Ainsi les discours franco-centré de Napoléon ne parviennent pas à atteindre plus de la moitié de ses troupes, on peut le remarquer dans le fait qu’une grande partie des déserteurs sont des étrangers. Si la bataille de Borodino et le reste de l’année 1812 est vu comme une guerre patriotique pour les Russes, cela change complètement en 1813/1814 car les Russes combattent hors de leurs frontières et leurs victoires sont des victoires de l’empire, et non du peuple comme en 1812. Jusqu’en février 1812, l’empereur Russe possède un réseau d’espionnage important en France, ce qui lui permet de préparer sa défense. Les élites russes sont francophones et refusent de se battre contre ceux qu’ils portent en admiration. C’est pour cette raison qu’Alexandre Ier développe un discours nationaliste et religieux où il présente Napoléon comme l’antéchrist. Il montre également que Napoléon a perverti les principes de 1789 et que la culture française a envahi et perverti la Russie. Le financement de cette campagne du côté Russe est assuré par le trésor  au bord de la banqueroute, cependant, dès que les combats se font à l’extérieur du territoire, elle est financée par les Polonais (assaillis de nouveaux impôts) et la Prusse qui s’allie à la Russie. Comme nous l’avons vu, le cheval est très important à cette époque car il assure le ravitaillement, tire les canons et fait parti des régiments de cavalerie. Les Français rendent hommage aux chevaux russes, ils sont plus résistants, leurs sabots épais n’ont pas besoin d’être ferré. A l’inverse, les magnifiques purs sangs français sont plus faibles, ils vont subir le froid et en mourir. Le ravitaillement français n’arrive pas jusqu’aux soldats car les chevaux viennent à manquer et les charrettes s’enlisent suite aux pluies diluviennes. Les pertes humaines sont énormes, en seulement trois mois, la Grande Armée perd la moitié de ses effectifs, avant même son arrivée dans Moscou. L’hiver donne un coup de grâce à l’armée napoléonienne, dans les premières semaines de décembre, la température descend jusqu’à -37°C alors que les hommes n’ont pas de vêtements d’hivers. Pour conclure, nous pouvons donc affirmer que les Russes ont basé leur stratégie sur le manque de ravitaillement des armées napoléoniennes. Dans cette guerre s’opposent deux idéologies, l’ancien régime monarchiste et religieux contre la modernité de l’empire issu de la Révolution.   

lundi 29 octobre 2012

Les campagnes ont-elles connu une renaissance ?



  A ce débat intervenaient  M. Pascal BRIOIST, professeur d’histoire moderne à l’université de Tours, M. Samuel LETURQ, professeur d’histoire médiévale à l’université de Tours, Mme. Marie-Claude MARANDET, professeur à l’université de Perpignan, et Mme. Catherine VERNA, professeur à l’université Paris XIII. Etaient absentes Mme. Marie-Thérèse LORCIN  et Mme. Hélène VERIN.

Le thème fut abordé pour les XVe et XVIe siècles.
  
  Dans un premier temps M. BRIOIST a évoqué la question du repeuplement et de la reprise démographique sous Charles VII. Ce phénomène varie selon les régions. Il y’a d’une part des zones précoces (ex : le Lyonnais) et d’autre part des zone tardives (ex : la Bretagne, la Champagne).Vers 1560, on rattrape le niveau de XIVème siècle avec 20 millions d’habitants. Les facteurs de la hausse sont d’abord, la hausse de la fécondité féminine (liée à l’âge du mariage qui est plus précoce) au XVe siècle et le non contrôle des naissances, puis le recul de la mortalité dû à un meilleur climat et  une meilleure alimentation. Il s’agit d’une période de reconquête des terroirs avec la remise en valeur des friches. Les paysages changent ainsi que les cultures (ex : la Normandie céréalière s’oriente vers l’élevage et une mise en bocage des territoires). Il y a un aménagement des territoires avec l’aménagement de routes terrestres ou fluviales comme en Bretagne. Est également remarquée une intensification des échanges lors de cette période.  Au niveau de la technologie dans la céréaliculture, on voit l’apparition de nouvelles plantes, l’introduction du maïs venant de l’Amérique à la fin du XVIe siècle, l’essor de la vigne, des plantes industrielles liées au textile (châtaigniers, oliviers).
 Par la suite M. BRIOIST aborde un certain nombre de question et illustre ses propos à l’aide un PowerPoint :
Est-ce que cette renaissance s’est accompagnée de phénomènes sociologiques ? Ou un capitaliste agraire ?
Les paysans assistent à un contrôle plus strict venant des propriétaires et des seigneurs. Il y’a une montée de la spéculation car l’agriculture peut se tourner vers les marchés. Les crises ne sont pas totalement résorbées et il y’a une tendance longue à l’inflation des prix.
Une renaissance culturelle dans les campagnes ?
Au XVIe siècle, on assiste à une intrusion massive de l’écrit dans les campagnes à l’aide des colporteurs.  Il y’a également une circulation de la culture populaire (ex : danse), des techniques (ex : moulin à vent). Certains savoirs et techniques viennent même des campagnes.

  Ensuite Mme. MARANDET a présenté une étude de cas à propos du Lauragais dans le sud-est de la France. C’est une région jugée riche au XIVe siècle grâce à la production de céréales et de pastel. Elle se pose de nombreuses questions sur le cas comme l’existence d’une crise permanente, ou encore si la région est ruinée à la fin du XIVe siècle. Pour son étude elle utilise notamment une source particulière : le Livre d’Estime qui est propre aux régions méditerranéennes et récence les biens roturiers.  Le Lauragais connaît deux périodes de reconstruction, entre 1380 et 1410 puis entre 1420 et 1460. La superficie des friches décroît et celle des prés ou encore des vignes augmente. La région doit son développement à la culture de la pastel, la draperie ou encore à l’élevage du mouton.

  Après cela, la parole a été donnée à M. LETURQ. Ce professeur d’histoire médiévale évoque une gêne pour le médiéviste à répondre à la question. Il existe une idée reçue à propos de déclin, de presque «mort » à la fin du Moyen-âge, grâce à quoi il y’eut une renaissance. En réalité il ne s’agit pas de déclin mais d’une crise à laquelle il a fallu s’adapter. Il existe plusieurs éléments de rupture. D’abord, une crise démographique en 1348 due à la grande peste, qui ancre une conjecture difficile. De plus les terres sont désertées avec un abandon d’espace d’environ 20%. Moins d’espace est cultivé et les friches sont émiettées sur l’ensemble du territoire. Cependant durant la seconde moitié du XVe siècle il y’a une reprise, avec une recolonisation des espaces. Le paysage n’est pas grandement bouleversé, on assiste à une continuité. Aux XVe et XVIe siècle ce changement est tout de même important pour certaines régions à cause de la spéculation sur les élevages à la fin du Moyen-âge. La population assiste à une modification de l’alimentation, particulièrement au niveau de la viande. En effet, au XIVe siècle, celle-ci consomme environ 45% de porc, 27.5% de bœuf et 27.5 de caprinés. Au XVe siècle, 18% de porc, 40% de bœuf et 42% de caprinés. Enfin au XVIe siècle la tendance se renverse clairement avec la consommation de 12% de porc, 38% de bœuf et 50% de caprinés. Il aborde enfin la viticulture qui connaît une crise malgré que se développent de nouveaux vignobles. L’avantage de la vigne est qu’elle peut être cultivée partout.

  Finalement nous avons assisté à l’intervention de Mme. VERNA, qui nous a parlé des techniques. Entre 1450 et 1550 il y’a un développement scientifique et des techniques. Le paysan est dans la pluriactivité. Au lieu de parler de renaissance elle parle plutôt de reconfiguration, recomposition faisant suite à une rupture conjoncturelle. Au XVe siècle il y’a beaucoup plus de sources en ce qui concerne l’industrie. Celle-ci, tout comme l’artisanat se développe dans les campagnes. La diffusion de l’industrie se base sur deux modèles : l’industrie dominée par la ville et l’industrie rurale dès le XVe. A leur tête on trouve des médecins, notaires. Les paysans combinent donc plusieurs activités à différentes échelles c’est-à-dire qu’ils ne sont pas agriculteurs avec un peu d’une autre activité. 

   A la suite de ce débat nous avons pu poser quelques questions à M. BRIOIST.
 Voici l’entretien 
:


Kévin ZOCLY, Lamyae ZRINJOU

vendredi 26 octobre 2012

Conférence de Gilles Luneau, co-auteur de José Bové


 Changeons de cap, changeons de P.A.C


Changeons de cap, changeons de P.A.C est un livre écrit en commun par José Bové et Gilles Luneau sorti en librairie le 2 février 2012.
Cette conférence nous a été donné par Gilles Luneau, journaliste depuis une quarantaine d’années et Co-auteur de plusieurs ouvrages avec José Bové.
Ils travaillent ensemble depuis une douzaine d’années.
La politique agricole commune ou plus communément appelée P.A.C fut créée en 1957 avec le traité de Rome puis mise en place en 1962.
La P.A.C fut mise en place afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire des pays d’Europe, de faire face aux aléas relatifs à l’agriculture (climat, santé du bétail, etc.), d’augmenter le niveau de vie des paysans, de stabiliser les marchés et d’accroitre la productivité agricole.

Cette volonté d’autosuffisance alimentaire était importante par rapport au contexte de sortie de la guerre où la France se nourrissait principalement grâce aux États-Unis, au Canada et à l’Argentine.
Cette autosuffisance fut acquise dans le milieu des années 70 mais déjà, des gens comme le commissaire européen de cette époque tirèrent la sonnette d’alarme à cause de la surproductivité agricole et de l’épuisement des ressources.
La P.A.C va avoir comme but de créer une sécurité alimentaire, va augmenter le niveau de vie des paysans mais elle va aussi favoriser l’exode rural.
Cette volonté d’augmentation de la productivité agricole implique que le nouveau modèle agricole va prendre exemple sur celui de l’industrie.
On assiste alors un agrandissement des exploitations agricoles, agrandissement favoriser la politique de crédit imposé par l’avènement d’un nouveau modèle économique, plus libéral et plus mondialisé. C’est ce nouveau modèle agricole qui conduira à une désertification des campagnes.
En effet, après la guerre, on avait encore 10 millions d’actifs agricoles. Ce nombre est passé aujourd’hui à 700 000 alors que globalement, c’est la même surface qui est cultivée.

On a eu plusieurs alertes en rapport avec cette P.A.C. Tout d’abord dans les années 68-69, il y a eu une alerte par rapport aux excédents.
Puis en 1989 avec la chute du mur de Berlin. La chute du mur et du bloc soviétique va bouleverser l’agriculture géopolitiques européenne et mondiale.
L’ Allemagne de l’ouest ,pays avant tout industriel voit l’Allemagne de l’Est, une Allemagne agricole comme la plupart des pays libérés du contrôle soviétique.
venir se rattacher à elle.
Après la chute de l’Union Soviétique, on voit des multinationales agricoles  prendre le contrôle de l’agriculture européenne et le contrôle de l’alimentation des européens grâce à la force de leur lobbying à l’intérieur de l’administration européenne.
En 1992, on passe d’un soutien aux prix à un soutien aux revenus ( par rapport à la surface de l’exploitation et sa production) du aux négociations avec l’ O.M.C.
C’est la surface de l’exploitation qui compte dorénavant. Les agriculteurs ont résisté car ils pensaient qu’il n’y avait pas de sens à faire entrer l’agriculture dans le marché libéral. De plus, à partir de 1992, il y a une baisse de la protection des frontières, une baisse de la protections des paysans et une baisse des stocks afin de faire converger les différentes visions mondiales (Brésil, Canada, U.S.A etc.).
La politique agricole commune prend fin en 2013 et une nouvelle politique, avec surement de nouveaux objectifs prendra sa place en 2014.

Gilles Luneau finit cette conférence en faisant un bilan pour le moins mitigé de la P.A.C car l’Europe n’est maintenant plus auto suffisante par rapport à la nourriture comme c‘était le cas dans les années 70.
Elle dépend des importations de soja, de protéines végétales venant des États Unis par exemple alors que des alternatives existent.
L’agriculture européenne est aussi dépendante du pétrole (en moyenne, il faut 118 litres de fioul pour 1000 litres de lait).
La P.A.C a entrainé une surproduction qui a conduit à une catastrophe écologique. On a une baisse des espèce élevées et de la biodiversité sauvage en général, les nappes phréatiques sont polluées par les pesticides, on a une croissance alarmante du nombre d’algues vertes entre autre.
Une ébauche du nouveau traité de la P.A.C présentait de bonnes choses (baisse des charges chimiques, une limitation des aides, obligation de mettre des légumineuses dans les sol, défense des petites fermes) mais après de nombreuses négociations avec tous les acteurs de l’administration européenne, il ne reste rien de tout cela.
Espérons, pour l’avenir de notre écosystème et de l’agriculture que ce n’est pas seulement la vision du « toujours plus d’argent » et la vision mondialiste qui reçoivent un crédit auprès des institutions européennes.

A la fin de son exposé, monsieur Luneau propose à la salle d’interagir. Quelques questions sont posées mais la dernière intervention fut celle d'un paysan, manifestement en colère et fustigeant tout l'exposé de l'intervenant du jour, critiquant sa vision, ses chiffres, etc. L'agriculteur, cultivateur de céréales, commençait à s'emporter face à Gilles Luneau restant très calme.


Par Kévin Zocly et Maxime Choisy

mardi 23 octobre 2012

Café Littéraire, L'Histoire décapée par l'archéologie.


Invité : Mr Demoule, professeur à l’université de Paris Panthéon-Sorbonne.

La question de la place de l’archéologie est développée dans le livre de Jean-Paul Demoule, On a retrouvé l’histoire de France. C’est ainsi que Mr Demoule, professeur à l’université de Paris Panthéon-Sorbonne, nous a présenté son livre en essayant de répondre à cette question. Tous d’abord, il faut savoir que 90% des fouilles archéologiques en France sont des fouilles « préventives », c'est-à-dire des fouilles de sauvetage faites avant de grands aménagements du territoire. Ce type de fouille existe depuis une vingtaine d’années, elles sont sous la responsabilité financière de l’aménageur. On estime qu’il y a à peu près un site archéologique tous les 10km. Pour exemple, de nombreux sites ont été détruits pendant la construction de l’autoroute. Contrairement aux idées reçues, l’archéologie ne s’occupe pas que des périodes anciennes et médiévales. L’archéologie peut également informer sur des réalités récentes, comme la vie de prisonniers allemands dans un camp de Normandie en 1946/1947. L’archéologie complète le travail des historiens et peut même le contredire. L’Etat s’est beaucoup investit dans l’archéologie avec la conservation de certains sites, le financement d’études… On estime à plusieurs dizaines de millions le nombre de sites archéologiques en France. Chaque année 2000 à 3000 sondages sont effectués, sur ces sondages résultent 300 à 400 fouilles. L’archéologie peut parfois même aider le travail de l’historien qui ne dispose que de textes, contrairement aux archéologues qui possèdent des preuves matérielles. Pour terminer, nous pouvons donc affirmer que l’histoire et l’archéologie sont complémentaires et qu’aucune n’est prédominante sur l’autre. 

La Fabrique de l'Histoire.


Cette émission nous a été présentée par Emmanuel Laurentin.

Dans cette émission, on présenta au public le film « Monsieur M » de Isabelle Berteletti et de Laurent Cibien, récompensé par le prix du documentaire historique aux Rendez-Vous de l’Histoire de Blois. Ce film nous raconte la vie d’un homme durant une année, et quelle année…  1968 et ses soubresauts. Ce film nous retrace l’histoire d’un homme banal qui traverse cette année sans se soucier des événements politiques qui l’accompagnent. Ce film est tiré d’un lot d’agendas relatant la vie d’un homme des années 1953 à 1969, le choix s’est porté sur l’année 1968 car la banalité de la vie de cet homme est mise en parallèle avec les événements qui agitent la France. Comme nous l’indique Mme Berteletti et Mr Cibien, lorsqu’ils ont reçu ces agendas, leur curiosité les a poussé à se rendre directement aux pages concernant le mois de mai 1968.  

Enfin, pour mêler histoire et actualité, nous avons parlé de Norodom Sihanouk, monarque et homme d’Etat Cambodgien. En 1941, il est nommé roi d’Indochine à tout juste 18 ans par le régime de Vichy, ce dernier espérant ainsi le contrôler. Il prend alors pour son peuple, l’image d’un « roi-dieu », d’un « roi-père », protecteur de son peuple et du patrimoine de son pays. Il lutte contre l’impérialisme américain en accueillant des soldats Viêt-Cong et nord-vietnamien. Il arrive à émanciper le Cambodge du pouvoir colonial français, cependant, en tant que francophile, il souhaite préserver la culture française. Dans la deuxième moitié du XXème siècle, il fait des allers-retours au pouvoir en raison de nombreux coups d’Etat. Malgré tout, il remonte sur le trône en 1993. Il meurt le 14 octobre 2012 à Pékin et c’est tout un peuple qui escorte sa dépouille de l’aéroport jusqu’au palais royal. Auteur, journaliste, musicien, il ne se considère pas uniquement comme un roi et multiplie ses activités. Norodom Sihanouk laisse son emprunte sur tout le Cambodge et on se souviendra de lui comme un monarque vivant avec son temps (il est le premier souverain à posséder un blog).  

dimanche 21 octobre 2012

Comment enseigner l'histoire des groupes sociaux ?


Le débat était animé par M. Alain BERGOUNIOUX, Inspecteur général de l'Education nationale , les intervenants furent M. Christophe CHARLE, professeur à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Mme. Christine LECUREUX, inspectrice pédagogique régionale de l'Académie d'Orléans-Tours, et enfin Mme Nadine VIVIER, professeure à l'université du Maine.
Monsieur BERGOUNIOUX fit une brève introduction du débat en expliquant tout d'abord que cette intervention fut proposée par l'inspection académique pour expliquer l'état des recherches en histoire sociale, la façon de s'en soucier et son historiographie.
Notre animateur expliqua que l'histoire sociale était en perpétuelle évolution  Pour argumenter ses propos il raconta que dans les années 1970, lorsqu'il était étudiant, l'histoire sociale était quelque chose de somme toute assez "simple" pour reprendre ses dires. En effet à cette époque l'histoire sociale était dans l'horizon des thèses d'Ernest Labrousse, c'est-à-dire que l'histoire politique s’emboîtait dans l'histoire économique, et idem pour l'histoire sociale. Tout tournait donc autour de cette fameuse histoire économique. C'était une histoire sociale très globale, il n'y avait que des collectifs, par exemple : les bourgeois, les ouvriers, les paysans. Or maintenant on ne considère plus le fait qu'il n'y ait que des collectifs. En effet, on ajoute souvent à un groupe social, et non plus une classe sociale, c'est la nuance qui est apportée dans l'histoire sociale d'aujourd'hui, un autre terme comme par exemple "les femmes durant la Révolution". Désormais on fragmente l'histoire sociale, elle n'est plus globale et les thèses marxistes de lutte des classes s'estompent de l'historiographie, cette lutte n'explique plus tout.
S'en suit la question centrale posée par ce débat : "Pourquoi l'histoire sociale est fragmentée ?"
Après une brève présentation des intervenants, M. BERGOUNIOUX termine son introduction en évoquant l'ouvrage Douze leçons pour l'histoire d'Antoine PROST, en disant que l'histoire sociale n'a pas été remplacée et que c'est un manque qu'il faut combler.
Mme. Lécureux est la première à prendre la parole en expliquant qu'il y a actuellement des éléments absent concernant l'histoire sociale dans l'enseignement scolaire de l'histoire. Elle définit par la suite ce qu'est un groupe social de cette manière "un groupe humain qui nourrit une croyance d'origine dans un groupe spécifique". Et explique de manière plutôt brève cette définitions pourtant assez claire. En tant qu'inspectrice académique d'expérience, elle donne son avis sur la façon dont l'histoire sociale peut être enseignée dans les collèges et lycées. En effet elle appuie cela en soutenant que la longue durée peut modifier la perception des élèves comme des enseignants et des chercheurs et que c'est en cela que l'histoire sociale peut s'avérer complexe. Elle donne l'exemple d'un point du programme de 5e car lorsque l’expansion économique de l'occident est expliquée, on l'explique grâce au pouvoir économiques des villes et plus particulièrement de ses acteurs; banquiers et marchands, considérés comme bourgeois dans les anciens programmes qui classait les classes, vision donc marxiste. Désormais le terme de 'bourgeois" ne fait plus parti du programme ni des fiches que les rectorats envoient aux professeurs avec ce changement on passe d'une histoire de classe sociale à une histoire de groupe social. En effet, ces fiches proposent d'avantage aux enseignants de partir d'un récit. L'exemple donné pour étayer cela est celui du berruyer Jacques Coeur, ce personnage est souvent utilisé car il permet de faire comprendre le comportement d'un groupe social selon Mme Lécureux.
Par la suite elle évoque Michelet pour qui il y a un lien fort entre l'histoire politique et l'histoire sociale. Les historiens du XIXe siècle ont fait entrer l'histoire sociale dans l'Histoire, l'analyse est d'avantage dans la durée.
De plus dans les nouveaux programmes il y a d'avantage de place pour les acteurs ce qui semble difficile pour les professeur et donne sujet à polémique car les "romans-nations" ont donné le goûts des grands hommes comme Clovis, Charlemagne ou encore Napoléon Ier, mais ceci semblait masquer un manque de réflexion.
Il y a beaucoup d'études de groupes sociaux dans les programmes de collège et lycée, par exemple en 4e le Thème 1 propose une étude sur les ouvriers et les ouvrières à la belle époque ou un entrepreneur et son entreprise. Concernant le deuxième choix les professeurs peuvent évoquer Gustave Eiffel mais aussi Armand Moisant qui a contribué à la conception de nombreux monuments parisien.
En 1ere STMG, Sciences et Technologies du Management et de la Gestion,  il y a une partie du programme consacrée à l'immigration, les questions sur les politiques en rapport avec ce sujet et les opinions des groupes sociaux.
Il y'a aussi maintenant d'avantage la question des femmes dans l'histoire avec Irène de Bilgem, grande figure féminine qui a prouvé que les femmes d'exception ont toujours existé, ou encore la question de la lutte du droite de vote. Lorsque l'histoire sociale se souciait d'avantage de la notion de "classes", la position des femmes était difficile à placer, alors que l'on peut plus facilement avec la notion de "groupe social".
Mme Lécureux clos la partie historique de son exposé en expliquant que l'introduction des acteurs permet d'introduire de la nuance.
En tant qu'inspectrice d'Académie elle termine son intervention en évoquant la matière sœur de l'histoire dans le secondaire : la géographie. En effet l'idée d'histoire sociale s'étend à la géographie, il y a aussi de nombreux acteurs.
Et enfin, pour conclure sa prise de parole, Mme Lécureux indique que pour elle l'histoire sociales et la géographie sociale sont éminemment politiques.
Vient ensuite le tour de Christophe CHARLES qui commence par remercier tout d'abord l'organisation de l'avoir convié, et l'inspection pour lui avoir proposé de participer à ce débat.
Il commence par dire qu'aujourd'hui, avec son expérience de professeur dans l'enseignement supérieur, les étudiants ont beaucoup de lacunes. Peut-être a-t-il dit ça pour lancer une pique au secondaire qui ne forme pas assez les élèves, ou alors peut-être est-ce une attaque envers les étudiants eux mêmes.
Il explique par la suite sa joie de participer à ce débat avec des enseignants du secondaire car pour lui il faut de la pédagogie dans le secondaire comme dans le supérieur. Il entre donc après cela dans le vif du sujet en posant deux questions qui seront son fil conducteur durant ses quinze minutes de parole. Il se pose tout d'abord la question de savoir pourquoi les historiens en sont venus à une "diffraction de l'histoire sociale", pour reprendre ses termes. Déjà dans sa voix et dans les termes employés on peut sentir qu'il n'aime pas tellement cette histoire sociale qui va plus en profondeur dans ses études. La deuxième question, est comme il le dit une "lueur d'espoir" car il se demande comment revenir à une histoire globale plus synthétique.
Il commence par citer Labrousse pour parler de la "macro-histoire", de sa vision globale des choses, mais réfute tout de suite cette thèse car les élèves de Labrousse ont démontré qu'elle ne marchait plus car il ne faut pas tout globaliser. Comme tout historien, il argumente ceci par un exemple et il prend celui de la Révolution française. En effet on a pu voir en s’intéressant de plus près aux régions qu'il y avait une France éclatée, que les sentiments n'étaient pas les mêmes en Bretagne et dans le Midi. A partir de cela, le "roman national" semble difficile à transmettre car on ne peut plus globaliser.
Ensuite son exposé se pose sur les historiens qui, au fil du temps, se sont intéressés à d'autres disciplines comme la sociologie et l'anthropologie. A partir de cela il y avait un questionnement plus riche mais qui imposait de restreindre le champ d'analyse et de s’intéresser au groupe social plus en profondeur, c'est un travail plus compliqué mais qui apporte des réponses plus satisfaisantes. Mais cependant comment reconstituer un schéma d'ensemble ? Y'a-t-il une dynamique collective ? Est-ce une nation éclatée avec la nationalité comme seul lien ? Et enfin, les héritages culturels sont-ils important ?
La question de l'habitus dépasse le cadre de l'histoire sociale qui ne s'attache qu'aux groupes primaires.
L'expression du "printemps des peuple" est intéressante tout d'abord car c'est une expression de l'époque, il y'a des sources iconographiques montrant tous les peuples se battant pour la même chose, on pouvait voir à ce moment les prémices de l'Europe avec des nations ayant des idées communes.
On pourrait en faire une micro-histoire ou alors, comme monsieur Charle l'aimerait, une histoire plus large et plus nationale. Par rapport à cet évènement il y a eu un flot de littérature, on peut notamment citer Flaubert et son Éducation sentimentale, avec cet œuvre Flaubert effectue en quelque sorte un travail d'historien puisqu'il n'a pas vécu le printemps des peuples, il a recueilli des témoignages vingt ans après.
Concernant les autres œuvres iconographiques on peut aussi voir une multiplication des caricatures grâce à la liberté d'expression. Il y a également l'Atelier du peintre de Courbet qui était très engagé, voulait prendre parti, et a profité de cet élan de liberté. Il a eu l'idée de ce tableau pour résumer sa vie et sa vision de la société, on peut voir une analysé sociologique subjective révélatrice d'un moment historique.
L'histoire universelle, qui est sa conclusion, surmonte l'éparpillement et essaye de poser de nouvelles synthèses, selon lui, pour faire évoluer et transmettre son travail.
Vint ensuite le tour du dernier intervenant, Mme Nadine VIVIER qui, à l'instar de son prédécesseur, remercie l'inspection de l'avoir invitée.
Contrairement aux autres intervenants, Nadine VIVIER part d'un exemple précis, qui colle totalement au thème, celui des paysans. Elle évoque tout d'abord l'idéologie et l'historiographie marxiste qui stigmatisaient les populations paysannes en les qualifiant d'archaïques et d'illettrés. Par exemple, Max Weber a brossé le portrait d'un France rurale arriérée, vivant dans des huttes.  Max Weber utilisait des sources sélectionnées, et avait des propose suggestifs. Au départ son œuvre était saluée par les historiens, puis au fil du temps les critiques ont pris le dessus.
On considérait donc les paysans comme une entité sans nuance.
Sa prise de parole s'articule autour de trois points.
Le tout premier est que le monde rural a une grande diversité, et cela est une idée plutôt neuve. Maintenant l'étude du monde rural s'approche par le capital, la dépendance, pour différencier les paysans. On peut aussi noter une diversité selon les régions, dans le Nord et en Ile de France on retrouve surtout de grands propriétaires terriens contrairement au Midi où il y a surtout de multiples petites propriétés.
La deuxième partie de son discours concerne l'expression de la "routine paysanne" dans laquelle il n'y avait que les biens communaux et les biens à usage collectif. Pour freiner l'exode rural que pouvait entrainer cette routine l’État tentait d'enrayer cela.
Il y avait aussi le cliché du paysans illettrés qui refusait l'instruction, tout ceci est faux car au XIXe siècle les paysans ont très vite compris qu'ils avaient besoin de l'instruction car le monde évoluait. Par rapport à cela il y avait deux écoles chez les industriels en recherche de main d’œuvre. Tout d'abord les libéraux, des notables bien souvent, qui poussaient les paysans à s'instruire, à se scolariser, pour avoir grâce à cela une main d’œuvre formée et plus productive. En parallèle il y avait les conservateurs qui voyaient en la scolarisation des campagnes un manque à gagner car les salaires seraient plus élevés et il y a le risque du départ vers la ville pour apprendre de nouvelles choses qu'on ne peut pas connaitre dans le monde rural.
Mais l'enseignement agricole n'a pas eu un franc succès car il n'était pas adapté, il avait pour dessein de former de bons valets de ferme, or il n'y avait quasiment pas besoin de ces personnes.
De plus on peut mettre en exergue les comices qui ont stimulé les cultivateurs et ont fait progresser les connaissances.
Le troisième et dernier point concerne la descente de la politique vers les masses.
Dans La république au village, Maurice Agulhon montre que le modèle urbain des villes s'est substitué au collectivisme des campagnes, les élites urbaines faisaient évoluer les paysans, il y avait des interactions entre la ville et la campagne.
L'exemple du coup d’État de 1851 est donné. Des réactions réelles ont eu lieu vers les campagnes, pour se défendre les paysans disaient que les républicains des villes leurs avaient dit de faire cela. Les paysans ont raconté cela tout simplement pour rentrer chez eux. De plus les préfets ne se souciaient que très peu des groupuscules républicains en campagne.
Pour conclure son discours, Nadine Viver insiste sur le fait que nous avons beaucoup insisté sur la critique des sources dans les rapports de préfet. Aujourd'hui il y a un travail important sur la représentation de la paysannerie, c'est la relecture des archives qui apporte une nouvelle vision.


Maxime CHOISY