Das Feld der Geschichte

Das 15. Historikertreffen in Blois stellt eine Besonderheit französischer Geschichtskultur dar, die in Deutschland weitgehend unbekannt ist. Die Teilnahme am Integrierten Studiengang Geschichte der Universitäten Bochum und Tours ermöglicht uns, eine doppelte Perspektive einzunehmen: Erstens kommentieren wir die Beiträge im Rahmen der UE découverte. Zweitens erhalten wir einen neuen Zugang zur französischen Historiographie, um diese mit der deutschen Geschichtswissenschaft zu vergleichen.

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mercredi 14 novembre 2012

7/10/1571 : Lépante, la signification d’une bataille



Lépante est située en Grèce actuelle (sous domination ottomane à l’époque) et cette bataille navale est la plus sanglante de la Méditerranée qui oppose les catholiques (Monarchie Catholique, République de Venise, papauté) et l’Empire Ottoman en pleine expansion sur l’Europe après avoir réussi à occuper l’île de Chypre quelques mois avant la bataille de Lépante. Donc, en quoi cette bataille est un tournant dans l’histoire de la Méditerranée ?

         Parlons d’abord des forces en présence. Nous avons 3 puissances qui s’affrontent. D’abord l’Empire Ottoman : c’est un empire en pleine expansion. Pour les Occidentaux, les ottomans sont des paysans arriérés. Or, c’est une puissance à la fois aristocratique et multinationale (c'est-à-dire qu’au sein de l’Empire Ottoman, il y a des chrétiens orthodoxes (serbes, bulgares, grecs, etc.) et d’autres musulmans (arabes)). Mais c’est avant tout un pays où l’islam est la religion majoritaire. Il est dirigé par Selim II, fils de Soliman le Magnifique qui est plus pacifique et en même temps plus dérangé que son père. Il a réussi à conquérir l’île de Chypre avant même la bataille de Lépante. Le 2ème acteur c’est la République de Venise. C’est une puissance avant tout catholique mais tolérante vis-à-vis d’autres religions, dont l’orthodoxie. D’où sa devise « vénitien d’abord, chrétien après ». C’est un empire maritime puisqu’elle se compose de la Vénétie, des côtes adriatiques et de l’île de Chypre. Elle possède une ambassade à Constantinople (Istanbul), fait du commerce et investit dans la Sublime Porte. Et enfin la Monarchie Catholique (« Espagne »). Dirigée par Philippe II, la Monarchie Catholique est l’ennemi jurée de l’islam. Elle est composée de l’Espagne actuelle, d’une bonne partie de la péninsule italienne (Sicile, Sardaigne, le royaume de Naples), de la partie sud des Pays-Bas et de ses colonies en Amérique. Donc c’est la première puissance mondiale à l’époque. Donc on a là 3 intérêts différents des uns et des autres.
          Le pape Pie V, un ancien inquisiteur, veut briser à tout prix la puissance ottomane. Pour lui, Venise est en train de céder Chypre. Il décide d’intervenir à Venise et de rencontrer le doge vénitien pour un objectif clair : faire face à l’expansion de l’islam en Europe et de faire coalition avec la Monarchie Catholique. Même en étant ennemi l’un et l’autre, la Monarchie Catholique et la République de Venise acceptent de signer une alliance pour faire face à l’expansion ottomane. Il faut maintenant préparer la guerre avec des ressources financières et humaines : 120000 hommes sont allés batailler à Lépante. Mais il faut également des efforts d’informations. Avant Lépante, Chypre est passée sous le contrôle de l’Empire Ottoman. La république de Venise a dû attendre 2 mois avant de connaître cette information car Chypre est une base très important d’un point de vue militaire et commerciale. Philippe II a beaucoup d’espions à Constantinople. Les ambassadeurs comme Varbaro écrivent la vue et la situation dans l’Empire ottoman de Selim. Désormais on connait les préparatifs à Chypre. Le vizir décide d’enfermer Varbaro. Les galères deviennent plus grandes et il y a plus d’hommes. Don Juan d’Autriche fait accepter des soldats de Philippe II aux galères vénitiennes. Venierro prend ces soldats et les faits exécuter sans juridiction. Les pachas ottomans ont leurs propres intérêts. La guerre de coalition catholique contre l’islam, incarné par l’Empire ottoman, voit une victoire des catholiques. Pourtant, du côté des catholiques, les galères ne résistent pas à la catastrophe. Le 9/10/1571, les galères comptent beaucoup de blessés. Mais pour les Ottomans, ce n’est qu’un banal incident. Selim II reconstitue la flotte ottomane. En conséquence, Venise envoie un ambassadeur à Constantinople pour signer la paix avec les Ottomans. Philippe II craint Venise qui perd une bataille diplomatique (Chypre est maintenue au sein de l’Empire Ottoman). La Monarchie catholique perd des bases en Afrique et l’Empire Ottoman continue sa conquête jusqu’en Crète.

La bataille de Lépante est un tournant majeur dans l’histoire de la Méditerranée. Venierro rapporte la nouvelle de la victoire de la coalition catholique contre l’Empire Ottoman en 19 jours. C’est le triomphe de la « propagande » militaire de la coalition catholique. Pie V ajoute l’imprimé du plan de la bataille 5 jours après. Mais c’est une défaite diplomatique puisque Venise a perdu l’île de Chypre par le biai d’un traité signé avec les Ottomans. Les catholiques se battent non seulement contre l’islam mais aussi contre le protestantisme.
A noter : cette conférence est présentée par l’historien italien Alessandro Barbero à travers son ouvrage intitulé Lépante : la bataille des trois empires.

lundi 5 novembre 2012

La Campagne de Russie corrigée par de nouvelles sources.


Café littéraire : la campagne de Russie

Dominic Lieven, membre associé de la British Academy, La Russie contre Napoléon.
Marie-Pierre Rey, professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, L’effroyable tragédie.

Pour commencer, nous pouvons constater que la Campagne de Russie a été faiblement étudié du côté Russe. De ce fait, chaque pays a une vision nationaliste de cette campagne car l’Etat a voulu cette vision pour faire naître une conscience nationale. Cette conscience, illustrée par des actions héroïques (la charge du Maréchal Murat à la tête de sa cavalerie), se répercute dans la littérature. Pour les Russes, la bataille de Borodino (qui est pour nous la bataille de la Moskowa) est l’élément fondateur de leur conscience nationale qui fait de cette guerre, une guerre patriotique (comme le sera la Seconde Guerre Mondiale). Toutes les classes sociales se regroupent derrière leur Tsar (Alexandre Ier) pour défendre la Sainte Russie, à ce patriotisme se mêle une consonance religieuse. Comme le pensait Napoléon, les Russes se préparaient bien à une guerre, mais à une guerre défensive, ils savaient que tôt ou tard, Napoléon les attaqueraient. Cependant, vaincre à la fois la Russie et l’Angleterre est très difficile, il est nécessaire de posséder une puissance maritime importante pour faire face à la Royal Navy et une puissance terrestre bien organisée et bien ravitaillée. Le cœur de l’Europe, et notamment la Pologne, sont au cœur des conflits qui opposent l’empire russe à l’empire Napoléonien. Tandis que Napoléon veut une Pologne libre et souveraine, le Tsar Alexandre Ier refuse de voir une puissance catholique autonome aux portes de son empire. La guerre qui s’enclenche est une guerre moderne où le patriotisme, l’espionnage et le cheval sont des éléments importants. Comme nous l’avons vu, les russes combattent pour leurs terres, ce qui est différent des armées napoléoniennes qui combattent pour la gloire et dont les rangs ne comptent que 40% de français. Ainsi les discours franco-centré de Napoléon ne parviennent pas à atteindre plus de la moitié de ses troupes, on peut le remarquer dans le fait qu’une grande partie des déserteurs sont des étrangers. Si la bataille de Borodino et le reste de l’année 1812 est vu comme une guerre patriotique pour les Russes, cela change complètement en 1813/1814 car les Russes combattent hors de leurs frontières et leurs victoires sont des victoires de l’empire, et non du peuple comme en 1812. Jusqu’en février 1812, l’empereur Russe possède un réseau d’espionnage important en France, ce qui lui permet de préparer sa défense. Les élites russes sont francophones et refusent de se battre contre ceux qu’ils portent en admiration. C’est pour cette raison qu’Alexandre Ier développe un discours nationaliste et religieux où il présente Napoléon comme l’antéchrist. Il montre également que Napoléon a perverti les principes de 1789 et que la culture française a envahi et perverti la Russie. Le financement de cette campagne du côté Russe est assuré par le trésor  au bord de la banqueroute, cependant, dès que les combats se font à l’extérieur du territoire, elle est financée par les Polonais (assaillis de nouveaux impôts) et la Prusse qui s’allie à la Russie. Comme nous l’avons vu, le cheval est très important à cette époque car il assure le ravitaillement, tire les canons et fait parti des régiments de cavalerie. Les Français rendent hommage aux chevaux russes, ils sont plus résistants, leurs sabots épais n’ont pas besoin d’être ferré. A l’inverse, les magnifiques purs sangs français sont plus faibles, ils vont subir le froid et en mourir. Le ravitaillement français n’arrive pas jusqu’aux soldats car les chevaux viennent à manquer et les charrettes s’enlisent suite aux pluies diluviennes. Les pertes humaines sont énormes, en seulement trois mois, la Grande Armée perd la moitié de ses effectifs, avant même son arrivée dans Moscou. L’hiver donne un coup de grâce à l’armée napoléonienne, dans les premières semaines de décembre, la température descend jusqu’à -37°C alors que les hommes n’ont pas de vêtements d’hivers. Pour conclure, nous pouvons donc affirmer que les Russes ont basé leur stratégie sur le manque de ravitaillement des armées napoléoniennes. Dans cette guerre s’opposent deux idéologies, l’ancien régime monarchiste et religieux contre la modernité de l’empire issu de la Révolution.   

mardi 23 octobre 2012

Café Littéraire, L'Histoire décapée par l'archéologie.


Invité : Mr Demoule, professeur à l’université de Paris Panthéon-Sorbonne.

La question de la place de l’archéologie est développée dans le livre de Jean-Paul Demoule, On a retrouvé l’histoire de France. C’est ainsi que Mr Demoule, professeur à l’université de Paris Panthéon-Sorbonne, nous a présenté son livre en essayant de répondre à cette question. Tous d’abord, il faut savoir que 90% des fouilles archéologiques en France sont des fouilles « préventives », c'est-à-dire des fouilles de sauvetage faites avant de grands aménagements du territoire. Ce type de fouille existe depuis une vingtaine d’années, elles sont sous la responsabilité financière de l’aménageur. On estime qu’il y a à peu près un site archéologique tous les 10km. Pour exemple, de nombreux sites ont été détruits pendant la construction de l’autoroute. Contrairement aux idées reçues, l’archéologie ne s’occupe pas que des périodes anciennes et médiévales. L’archéologie peut également informer sur des réalités récentes, comme la vie de prisonniers allemands dans un camp de Normandie en 1946/1947. L’archéologie complète le travail des historiens et peut même le contredire. L’Etat s’est beaucoup investit dans l’archéologie avec la conservation de certains sites, le financement d’études… On estime à plusieurs dizaines de millions le nombre de sites archéologiques en France. Chaque année 2000 à 3000 sondages sont effectués, sur ces sondages résultent 300 à 400 fouilles. L’archéologie peut parfois même aider le travail de l’historien qui ne dispose que de textes, contrairement aux archéologues qui possèdent des preuves matérielles. Pour terminer, nous pouvons donc affirmer que l’histoire et l’archéologie sont complémentaires et qu’aucune n’est prédominante sur l’autre.