Das Feld der Geschichte

Das 15. Historikertreffen in Blois stellt eine Besonderheit französischer Geschichtskultur dar, die in Deutschland weitgehend unbekannt ist. Die Teilnahme am Integrierten Studiengang Geschichte der Universitäten Bochum und Tours ermöglicht uns, eine doppelte Perspektive einzunehmen: Erstens kommentieren wir die Beiträge im Rahmen der UE découverte. Zweitens erhalten wir einen neuen Zugang zur französischen Historiographie, um diese mit der deutschen Geschichtswissenschaft zu vergleichen.

mercredi 24 octobre 2012

Les révoltes paysannes


Intervenants :  
Korine AMACHER, professeur à l'université de Genève
Laurent BOURQUIN, professeur à l'université du Mans
Edouard LYNCH, professeur à l'université de Lyon
Pierre-François SOUYRI, professeur à l'université de Genève
Animation : 
Jean GARRIGUES, professeur à l'université d'Orléans


Que déclenchent les révoltes paysannes ?
L. Bourquin : 
Les causes des révoltes paysannes évoluent avec le temps, elles sont surtout antiseigneuriales, comme les Jacqueries en 1358 ou contre l’impôt de François Ier durant l’époque moderne, jusqu’à la Révolution Française. Sous l’empire, les révoltes se font contre la conscription et contre les curés.

P-F Souyri :
Les structures sociales japonaises sont semblables à l’Occident médiéval. En 1428, les paysans de Kyoto se révoltent contre leurs créanciers. Durant le XVème siècle, pas moins d’un millier de révoltes éclatent, ce qui lui vaut l’appellation du « siècle des révoltes ». Les paysans ne se révoltent jamais contre l’empereur lui-même, mais contre les spéculateurs.

K. Amacher :
En Russie,de 1600 à Catherine la Grande (1729-1796), il s’agit de révoltes populaires, la plus grande, la révolte de Pougatchev éclate en 1774, avec les Cosaques, paysans  fugitifs. Ils partent des frontières vers le centre tout en appelant le peuple à se révolter contre le Tsar. Dans un premier temps, seuls les Cosaques et les ouvriers se révoltent, ce n’est que par la suite que les réclamations deviennent paysannes.

Quelle paysannerie se révolte et comment s’organise et se structure-t-elle ?

L. Bourquin : 
L’enjeu est de faire faire durer la révolte le plus possible, du XVIème jusqu’à 1789, il y a 30 révoltes qui durent quelques semaines, elles  s’éteignent à l’automne car il y a les travaux agricoles à réaliser. Ce ne sont pas les plus pauvres qui se soulèvent, mais les petits patrons.

K. Amacher :
Ceux qui se révoltent sont les paysans les plus pauvres qui doivent payer les impôts, de plus le servage est verrouillé par une loi en 1649 qui empêche les paysans de quitter leur terre. Les paysans se révoltent contre l’Etat et le propriétaire.

E. Linch :
C’est le glissement d’une action portée par la communauté villageoise vers le corporatif, au sens professionnel, en 1907, il y a un processus d’institutionnalisation. L’Etat reste une figure centrale, de plus en plus active et elle anticipe les protestations au sujet de la garantie de revenus réguliers afin de préserver l’agriculture.

Les valeurs et les idées politiques
L. Bourquin : 
Se révolter contre le roi signifie se révolter contre Dieu, alors on se révolte contre l’Etat qui est une entité abstraite et contre ses agents.

P-F Souyri :
On ne se révolte pas contre l’empereur, le Shogun mais contre le mauvais seigneur. Les révoltes se traduisent par une nécessité de rectifier le monde qui est parti du mauvais côté. On cesse alors de travailler, on danse, on chante, on bois. En 1767, entre 4 et 5 millions de Japonais se révoltent.

K. Amacher :
Les révoltes sont dures, « révoltes absurdes et sans pitié », conservatrices et destructrices.  En 1874 les forces révolutionnaires tentent de soulever les paysans en diffusant des idées socialistes, mais c’est un échec et ces derniers les dénoncent aux autorités.

E. Linch :
On passe de la révolte incontrôlable à des manifestations efficaces durant la seconde moitié du XIXème siècle. En 1960 c’est le retour à la violence, une colère contre l’Etat, le mot « jacquerie » revient dans le vocabulaire et réapproprié par les paysans, ce qui est légitimé par l’Etat Gaulliste.

ANIS Marine, BORBEAU Cyril

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