Intervenants :
Korine
AMACHER, professeur à l'université de Genève
Laurent
BOURQUIN, professeur à l'université du Mans
Edouard
LYNCH, professeur à l'université de Lyon
Pierre-François SOUYRI, professeur à l'université de Genève
Animation :
Jean GARRIGUES, professeur à l'université d'Orléans
Que déclenchent les révoltes
paysannes ?
L. Bourquin :
Les causes
des révoltes paysannes évoluent avec le temps, elles sont surtout
antiseigneuriales, comme les Jacqueries en 1358 ou contre l’impôt de François
Ier durant l’époque moderne, jusqu’à la Révolution Française. Sous l’empire,
les révoltes se font contre la conscription et contre les curés.
P-F Souyri :
Les
structures sociales japonaises sont semblables à l’Occident médiéval. En 1428,
les paysans de Kyoto se révoltent contre leurs créanciers. Durant le XVème
siècle, pas moins d’un millier de révoltes éclatent, ce qui lui vaut
l’appellation du « siècle des révoltes ». Les paysans ne se révoltent
jamais contre l’empereur lui-même, mais contre les spéculateurs.
K. Amacher :
En Russie,de
1600 à Catherine la Grande (1729-1796), il s’agit de révoltes populaires, la
plus grande, la révolte de Pougatchev éclate en 1774, avec les Cosaques,
paysans fugitifs. Ils partent des
frontières vers le centre tout en appelant le peuple à se révolter contre le
Tsar. Dans un premier temps, seuls les Cosaques et les ouvriers se révoltent,
ce n’est que par la suite que les réclamations deviennent paysannes.
Quelle paysannerie se révolte et comment
s’organise et se structure-t-elle ?
L. Bourquin :
L’enjeu est
de faire faire durer la révolte le plus possible, du XVIème jusqu’à 1789, il y
a 30 révoltes qui durent quelques semaines, elles s’éteignent à l’automne car il y a les
travaux agricoles à réaliser. Ce ne sont pas les plus pauvres qui se soulèvent,
mais les petits patrons.
K. Amacher :
Ceux qui se
révoltent sont les paysans les plus pauvres qui doivent payer les impôts, de
plus le servage est verrouillé par une loi en 1649 qui empêche les paysans de
quitter leur terre. Les paysans se révoltent contre l’Etat et le propriétaire.
E. Linch :
C’est le
glissement d’une action portée par la communauté villageoise vers le
corporatif, au sens professionnel, en 1907, il y a un processus
d’institutionnalisation. L’Etat reste une figure centrale, de plus en plus
active et elle anticipe les protestations au sujet de la garantie de revenus
réguliers afin de préserver l’agriculture.
Les valeurs et les idées politiques
L. Bourquin :
Se révolter
contre le roi signifie se révolter contre Dieu, alors on se révolte contre
l’Etat qui est une entité abstraite et contre ses agents.
P-F Souyri :
On ne se
révolte pas contre l’empereur, le Shogun mais contre le mauvais seigneur. Les
révoltes se traduisent par une nécessité de rectifier le monde qui est parti du
mauvais côté. On cesse alors de travailler, on danse, on chante, on bois. En
1767, entre 4 et 5 millions de Japonais se révoltent.
K. Amacher :
Les révoltes
sont dures, « révoltes absurdes et sans pitié », conservatrices et
destructrices. En 1874 les forces
révolutionnaires tentent de soulever les paysans en diffusant des idées
socialistes, mais c’est un échec et ces derniers les dénoncent aux autorités.
E. Linch :
On passe de
la révolte incontrôlable à des manifestations efficaces durant la seconde
moitié du XIXème siècle. En 1960 c’est le retour à la violence, une colère
contre l’Etat, le mot « jacquerie » revient dans le vocabulaire et
réapproprié par les paysans, ce qui est légitimé par l’Etat Gaulliste.
ANIS Marine, BORBEAU Cyril
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